Pays-Bas : vers une « dépénalisation totale » de l'euthanasie ?
Aux Pays-Bas, une pétition demandant la « dépénalisation totale » de l’euthanasie sera débattue au Parlement après avoir recueilli près de 75 000 signatures. A son initiative, l’association Stichting Levenseinderegie souhaite que la décision ne soit plus du ressort des médecins, mais confiée à des « intervenants de fin de vie », les patients ayant le dernier mot.
Pour Wim van Dijk, un psychologue à la retraite qui a fondé l’association[1], la loi actuelle obligerait les médecins à porter des « jugements subjectifs » sur le niveau de souffrance d’un patient, qu’ils ne peuvent pas formuler « de manière fiable », ce qui entraînait des « incohérences ».
Une loi bientôt soumise au Parlement ?
Il réclame une loi en vertu de laquelle « les citoyens décident eux-mêmes si et quand l’euthanasie et le suicide assisté doivent être mis en œuvre ».
L’association indique qu’une proposition de loi en ce sens sera présentée au Parlement au début de l’année prochaine. Le parti progressiste-libéral D66, qui mène les négociations pour la formation du prochain gouvernement, y est favorable (cf. Pays-Bas : le suicide assisté après une « vie accomplie » de retour au Parlement).
L’euthanasie et le suicide assisté sont autorisés aux Pays-Bas depuis 2002. Près de 10 000 personnes sont décédées par euthanasie en 2025 (cf. Pays-Bas : près de 10 000 euthanasies en 2024). Une demande sur trois est refusée.
[1] Wim van Dijk a été condamné l’année dernière pour avoir fourni un médicament anti-nauséeux à « des dizaines de personnes » comme « élément essentiel » d’un « kit de suicide » (cf. Trafic de « poudre au suicide » au Pays-Bas : deux nouveaux suspects).
Source de la synthèse de presse : Dutch news (24/11/2025)