PMA : un risque plus élevé de maladies atopiques chez l’enfant
Une étude menée par des institutions – universités et hôpitaux – de Taïwan révèle que le risque de développer des maladies atopiques est plus élevé chez les enfants conçus par procréation médicalement assistée (PMA) que chez ceux conçus naturellement.
Ces travaux ont été publiés dans la revue JAMA Network Open [1].
Des facteurs génétiques et des déclencheurs environnementaux
Les maladies atopiques couvrent trois pathologies : l’asthme, la rhinite allergique et la dermatite atopique. L’asthme infantile est la maladie chronique la plus répandue chez les enfants. On pense que les maladies atopiques sont influencées par des facteurs génétiques et des déclencheurs environnementaux.
Les chercheurs ont mené une étude de cohorte rétrospective basée sur la population afin de déterminer si la conception par procréation médicalement assistée est associée au développement de maladies atopiques chez les enfants.
Les données provenaient d’un échantillon de 23,5 millions de personnes, issues de la base de données nationale de l’assurance maladie de Taïwan, de la base de données sur la procréation assistée et de la base de données sur la santé maternelle et infantile.
Au total 13 957 enfants nés après une technique de PMA et 55 828 enfants conçus naturellement ont été inclus dans l’étude.
Des antécédents différents
Les caractéristiques initiales différaient entre les groupes. La rhinite allergique parentale était plus fréquente dans le groupe ayant eu recours à la procréation médicalement assistée, avec 26,4% d’antécédents paternels contre 22,3%, et 32,2% d’antécédents maternels contre 29,1%.
Un diabète gestationnel est survenu dans 2,9 % des grossesses après PMA contre 1,7 % des grossesses obtenues naturellement, et la prééclampsie ou l’éclampsie dans 1,0 % des cas contre 0,4 %. Pour 65,6% des enfants nés après une PMA, l’accouchement a eu lieu par césarienne. La proportion était de 42,0% pour les grossesses naturelles. Les naissances multiples ont, elles, représenté 30,5% contre 2,0% sans recours à une technique de procréation assistée.
Un faible poids à la naissance (moins de 2 500 g) a été observé dans 27,4% des grossesses après PMA, contre 7,9% sans. Enfin, les naissances prématurées, à moins de 37 semaines d’aménorrhée, étaient de 29,0% contre 9,1% pour les grossesses obtenues naturellement.
Un risque supérieur pour toutes les maladies atopiques
Les modèles ajustés ont montré des rapports de risque élevés. L’asthme a présenté un rapport de risque ajusté[2] de 1,13, la rhinite allergique de 1,15 et la dermatite atopique de 1,08.
Les chercheurs concluent que les enfants conçus par procréation médicalement assistée présentent un risque plus important de développer de l’asthme, une rhinite allergique ou une dermatite atopique que les enfants conçus naturellement. Leurs résultats ont confirmé qu’il existe une association entre la conception par PMA et le développement ultérieur de maladies atopiques.
Les scientifiques appellent à un suivi à long terme des enfants conçus par PMA et à une étude plus approfondie des mécanismes biologiques sous-jacents pouvant contribuer au développement de ces pathologies.
[1] Yao-Chi Hsieh et al, Atopic Disease Development in Offspring Conceived via Assisted Reproductive Technology, JAMA Network Open (2025). DOI: 10.1001/jamanetworkopen.2025.51690
[2] Un rapport de risques de 1,0 indique qu’il n’y a pas de différence de risque entre le groupe exposé et le groupe non exposé. Un rapport de risques supérieur à 1,0 indique une association positive, ou un risque accru de développer le problème de santé dans le groupe exposé.
Source de la synthèse de presse : Medical Xpress, Justin Jackson (06/01/2026)