« Procédure accélérée », « section spécifique » sur le don d’organes : le gouvernement espagnol veut modifier les « bonnes pratiques » en matière d’euthanasie
En Espagne, le ministère de la Santé avait prévu d’adopter un « manuel de bonnes pratiques » relatives à l’euthanasie lors d’une réunion qui s’est tenue avec les communautés autonomes le 9 avril, mais Madrid a demandé un report. La stratégie en matière de soins palliatifs a toutefois été entérinée.
Une « procédure accélérée » « en cas de risque imminent pour la vie ou les capacités de la personne »
Le texte visait notamment à introduire une « procédure accélérée » pour « traiter les cas les plus urgents », en réduisant le plus possible le délai entre les deux demandes que le patient doit présenter. Un délai qui est d’« au moins 15 jours » selon la loi. Cette « procédure accélérée » interviendrait « en cas de risque imminent pour la vie ou les capacités de la personne », si le médecin le justifie par écrit.
Actuellement, un tiers des personnes qui font une demande d’euthanasie décèdent avant que la procédure n’ait été mise en œuvre (cf. Espagne : 426 euthanasies en 2024 et 459 organes transplantés depuis la promulgation de la loi).
L’infirmier, nouvelle « figure de référence » de la procédure
Une autre nouveauté présentée par le texte était le « renforcement du rôle du personnel infirmier », qui deviendrait « une figure de référence » tout au long du processus. Ainsi, ses fonctions incluraient l’apport d’un soutien en matière d’informations, l’accompagnement de la personne demandeuse, « la préparation de l’environnement et du matériel nécessaire », la réalisation « des soins et des procédures », ainsi que le soutien aux proches et aux aidants et l’orientation vers les ressources disponibles pour le deuil.
Outre le fait de vouloir répondre à « l’inégalité territoriale » – « selon les données officielles, certaines communautés pratiquent, en termes relatifs et sans justification démographique, jusqu’à 20 fois plus d’euthanasies que d’autres » – le texte introduit la possibilité de suspendre la procédure pour des « circonstances exceptionnelles et transitoires ».
Une « section spécifique » sur le don d’organes
Pour la première fois, le manuel comprend en outre une « section spécifique » dédiée au don d’organes, « avec des protocoles clairs » (cf. Euthanasie et dons d’organes : des « intérêts » communs ? ; Espagne : 7 euthanasies, 23 transplantations).
Ce « manuel de bonnes pratiques » avait été négocié « entre les experts du ministère de la Santé et ceux des communautés autonomes ». Il devait remplacer le guide utilisé depuis l’entrée en vigueur de la loi, en 2021.
Le département de la Santé du gouvernement madrilène, présidé par Isabel Díaz Ayuso, explique que l’objectif de ce report est « d’enrichir le texte grâce aux contributions des sociétés scientifiques et des ordres professionnels, qui n’ont pas été consultés ».
Une stratégie de soins palliatifs
Lors de la réunion du 9 avril, le ministère de la Santé a par ailleurs approuvé la stratégie de soins palliatifs 2026-2030, qui vise à « garantir ces soins comme un droit pour toute personne, quel que soit son lieu de résidence et quelle que soit sa maladie ».
L’approche adoptée s’éloigne d’une vision centrée uniquement sur les derniers mois de vie et met l’accent sur la souffrance causée par la maladie comme critère déclenchant la prise en charge (cf. Les soins palliatifs précoces sont positifs pour la qualité de vie patients, mais les financements sont insuffisants).
La stratégie prévoit entre autres une prise en charge spécifique, « dès la période prénatale », pour les enfants et les adolescents, ainsi que le renforcement de la télémédecine et une meilleure coordination entre l’hôpital et le domicile.
Source de la synthèse de presse : El País, Pablo Linde (09/04/2026)