Québec : la pilule abortive en hausse de 80%

Publié le 15 février 2026
Québec : la pilule abortive en hausse de 80%

Au Québec, le recours à la pilule abortive a augmenté de 80 % en 2025 selon les statistiques de la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ).

2 852 femmes québécoises ont obtenu un remboursement pour le Mifegymiso[1], pilule abortive prescrite dans le cadre du Programme d’accès universel gratuit à l’avortement médicamenteux. En 2024, elles étaient 1 586, et en 2023, 1 365 avaient été remboursées. En deux ans, le nombre de femmes ayant eu recours à la pilule abortive a ainsi plus que doublé.

Une hausse liée à l’assouplissement de la réglementation

En 2015, les avortements médicamenteux ont été approuvés par Santé Canada et depuis 2017, ils sont gratuits au Québec (cf. La prise de pilule abortive autorisée jusqu’à 9 semaines de grossesse au Canada). Pour les pratiquer, les médecins devaient toutefois suivre une formation sur les avortements par dilatation et le curetage, et les femmes devaient pratiquer une échographie avant d’y avoir recours (cf. Pilule abortive : des complications dans plus de 10% des cas selon une étude américaine). Selon Jess Legault, coordonnatrice générale de l’organisme de planification familiale du Québec (OPQQ), cette réglementation « a considérablement restreint les personnes autorisées à prescrire ».

En 2022, ces exigences ont été levées afin de rendre la pilule abortive plus accessible. Le Dr Mathieu Bélanger, gynécologue-obstétricien au CHU de Québec, relève que les effets de ces assouplissements sont de plus en plus visibles, au regard des données de la RAMQ.

Favoriser toujours plus l’avortement

En 2024, Martine Biron, ministre chargée de la Condition féminine, a annoncé la mise en place d’un plan d’action gouvernemental visant à favoriser l’accès à l’avortement au Canada d’ici 2027. 28 mesures, articulées autour de quatre objectifs généraux : faciliter l’accès à l’avortement sur tout le territoire, lutter contre la désinformation, améliorer l’information sur la contraception et promouvoir la recherche, y sont prévues. Le plan vise également à faciliter les avortements médicamenteux.

À l’heure actuelle, les médecins, les infirmières praticiennes spécialisées et les sages-femmes sont autorisés à prescrire la pilule abortive. Dans certaines situations, elle peut être prescrite par télémédecine. Prochainement, les pharmaciens devraient eux aussi pouvoir la prescrire afin de favoriser l’avortement médicamenteux (cf. Pilule abortive : une action en justice intentée après le décès d’une femme du Nevada).

Depuis mars 2025, S.O.S. Grossesse Québec, centre de santé des Femmes de la Capitale-Nationale, est aussi autorisé à délivrer la pilule abortive. Environ 250 femmes ont déjà pris rendez-vous et le centre prévoit d’élargir ses plages horaires « pour répondre à la demande ».

Une minorité d’avortements médicamenteux

Actuellement, les interruptions volontaires de grossesse chirurgicales sont beaucoup plus nombreuses au Québec que les avortements par voie médicamenteuse.

Selon des données du ministère de la Santé et des Services sociaux, en 2024, 24 % des interruptions volontaires de grossesse ont été pratiqués avec des pilule abortives, contre 20 % en 2023 et 17 % en 2022 (cf. La pratique de l’IVG médicamenteuse s’installe au Québec). A titre de comparaison, elles représentaient 32 % des avortements en Ontario, 53 % aux États-Unis et 72 % en France (cf. France : 243 623 avortements en 2023, un chiffre encore en hausse).

[1] Le Mifegymiso est composé de mifépristone et de misoprostol

Sources de la synthèse de presse : CBC, Rachel watts (12/02/2026) ; Radio Canada, Mariane Bergeron-Courteau (10/02/2026)