Royaume-Uni : les lords dépénalisent l’IVG, pour les femmes, quel que soit le stade de la grossesse
Au Royaume-Uni, la Chambre des lords a adopté le 18 mars un texte supprimant les sanctions pénales si une femme procède à un avortement et ce quel que soit le stade de sa grossesse.
L’avortement est autorisé au Royaume-Uni depuis 1967 jusqu’à 24 semaines de grossesse (cf. Avortement : 700 médecins anglais demandent une réduction des délais de 24 à 22 semaines). Depuis la crise du covid, aucune consultation en personne n’est imposée : les femmes peuvent se voir prescrire des pilules abortives par courrier après une simple consultation de télémédecine jusqu’à 10 semaines de grossesse (cf. « Avortements par La Poste » et pression sur les femmes : les médecins britanniques alertent). En dehors de ce cadre, le fait de provoquer un avortement demeurait jusqu’à présent illégal.
La clause 208 à la Crime and Policing Bill dispose désormais qu’« aucune infraction n’est commise par une femme agissant en rapport avec sa propre grossesse ». Le texte doit encore retourner à la Chambre des communes avant de recevoir la sanction royale, mais il est « en bonne voie ».
« Il n’y a rien de progressiste ni de moderne à modifier la loi de telle sorte qu’un bébé viable puisse voir sa vie interrompue au-delà du délai légal d’avortement sans aucune conséquence »
Plus de 1000 professionnels de santé avaient signé une lettre adressée à la Chambre des lords dans laquelle ils exprimaient leurs « graves inquiétudes » face à ce changement. Une clause adoptée à la hâte « après seulement 46 minutes de débat en séance plénière », « sans consultation préalable du public, sans examen en commission et sans audition des témoins ».
L’ancienne ministre de la Santé, Maria Caulfield, s’est prononcée contre cette mesure, déclarant : « Il n’y a rien de progressiste ni de moderne à modifier la loi de telle sorte qu’un bébé viable puisse voir sa vie interrompue au-delà du délai légal d’avortement sans aucune conséquence ».
Un texte qui préoccupe
L’une des nombreuses inquiétudes liées à ce changement est qu’il réduira la surveillance des avortements obtenus « par la poste ».
Pour Philippa, baronne Stroud, « les consultations en personne protègent contre la coercition et les abus… » « Lors d’une consultation en personne, les professionnels de santé auraient l’occasion d’évaluer avec précision, en personne, les risques potentiels pour la santé d’une femme prenant des pilules abortives, son âge gestationnel et la possibilité d’un avortement sous contrainte », ont tenté de faire valoir en vain les opposants au texte. « Cela contribuerait à protéger les femmes contre les risques pour la santé liés à la pratique d’un avortement tardif… »
Les praticiens pas dégagés de leur responsabilité pénale
L’Abortion act qui définit les conditions pour avorter avant et au-delà de 24 semaines n’est pas modifié par ce vote des lords. Cela signifie que les médecins et autres professionnels de santé pourraient engager leur responsabilité pénale s’ils pratiquent ou autorisent un avortement au-delà de la limite de 24 semaines, « sauf en cas de circonstances atténuantes ».
Sources de la synthèse de presse : The Guardian, Hannah Al-Othman (19/03/2026) ; Reuters (20/03/2026) ; Aleteia, Theresa Civantos Barber (20/03/2026)