DPI-A « non invasif » : des résultats non concluants

Publié le 22 septembre 2026
DPI-A « non invasif » : des résultats non concluants
© iStock - Martin Philip

Un essai clinique portant sur une forme non invasive de diagnostic préimplantatoire des aneuploïdies (DPI-A) a montré qu’il ne permettait pas d’améliorer les taux de naissance vivantes (cf. Australie : le DPI « non invasif » devant la justice). Les résultats ont été publiés dans la revue Nature Communications[1].

Analyser le milieu de culture

Quand il est pratiqué, le DPI-A consiste habituellement effectuer une biopsie sur l’embryon au stade de blastocyste puis à analyser sa constitution chromosomique. Avec le DPI-A non invasif (niDPI-A) c’est l’ADN acellulaire prélevé dans le milieu de culture dans lequel les embryons se développent qui est testé (cf. Etats-Unis : des recours collectifs contre le DPI-A).

Une étude en double aveugle menée par des chercheurs chinois a comparé les taux de grossesse et les issues de grossesse chez des femmes dont les embryons avaient été « évalués » via ce test ou « selon des critères morphologiques standard »[2].

Pour cet essai, 1152 patientes en âge de procréer, âgées de 35 à 42 ans, ont été recrutées dans 13 centres de fertilité à travers la Chine et réparties aléatoirement entre les deux groupes.

Pas d’« utilisation systématique » recommandée

Dans le groupe des femmes pour lesquelles on a effectué un DPI-A non invasif, les chercheurs ont constaté un taux de grossesses évolutives au-delà du premier trimestre de 38,7%, et de naissances vivantes de 37 %, contre respectivement 36,8 % et 35,5 % dans le groupe « morphologie ». Des différences qui ne sont « pas statistiquement significatives ».

Ainsi, en dépit d’un taux de fausses couches précoces[3] plus faible avec le DPI-A non invasif, les scientifiques concluent : « Les résultats de cet essai ne permettent pas de recommander l’utilisation systématique du niDPI-A dans cette population qui présente un bon pronostic ».

Dans son dernier avis, la Société américaine de médecine reproductive déclarait que « la valeur du DPI-A en tant que test de dépistage de routine pour toutes les patientes recourant à la fécondation in vitro n’a pas été démontrée » (cf. « Promouvoir le DPI-A aujourd’hui, c’est ignorer les progrès de la recherche » ; Trisomie 21 : « Qui sommes-nous pour décider qui peut vivre ou non ? »).

[1] Huang, J., Li, R., Zeng, L. et al. Embryo selection by non-invasive preimplantation genetic testing for aneuploidy in women of advanced maternal age: a randomized, clinical trial. Nat Commun (2026). https://doi.org/10.1038/s41467-026-77628-4

[2] Aucune comparaison n’a été effectuée entre DPI-A « standard » et DPI-A non invasif

[3] Avant 12 semaines de grossesse

Source de la synthèse de presse : BioNews, Jen Willows (21/09/2026)