« Plan fertilité » : la HAS publie ses premières recommandations en matière de « santé sexuelle et reproductive »
Dans le cadre du « plan fertilité » piloté par le ministère de la Santé (cf. Lancement du « plan fertilité » : le leurre de la PMA), la Haute autorité de santé (HAS) a publié au milieu de l’été[1] des recommandations en matière de « santé sexuelle et reproductive ». La HAS a en effet été saisie par la direction générale de la Santé en 2024 « pour actualiser et élargir la recommandation de bonne pratique « Projet de grossesse : informations, messages de prévention, examens à proposer », dont l’objectif était d’accompagner toute femme ou tout couple dès lors qu’un projet conceptionnel était exprimé ».
Les « bonnes pratiques » publiées par l’autorité sanitaire sont ventilées en deux volets : le premier dédié à la fertilité et à la « santé globale », le second à l’« infertilité, « exploration en première intention ». Un troisième volet à paraitre doit aboutir à « une actualisation de la consultation préconceptionnelle » dans un contexte où de nombreux acteurs font pression pour que le dépistage préconceptionnel soit autorisé par la prochaine loi de bioéthique (cf. Une pratique « en accord avec les autres possibilités de choix reproductif » : l’Académie de médecine se déclare favorable au dépistage génétique préconceptionnel)[2]. La HAS en poserait-elle déjà les jalons ? Parmi ses recommandations elle préconise de « présenter l’intérêt de la consultation préconceptionnelle en cas de projet conceptionnel exprimé » :« si la personne ou les partenaires ont un projet conceptionnel à court terme, leur proposer une consultation préconceptionnelle destinée à les placer dans les meilleures conditions pour le déroulement de la grossesse et la santé de l’enfant », précise l’instance (cf. Etats généraux de la bioéthique : derrière la « prévention », l’eugénisme).
Contraception, autoconservation des ovocytes ne sont pas non plus oubliés. Il s’agit d’aborder le sujet « en l’absence de projet conceptionnel ou de projet différé ».
La HAS ajoute par ailleurs que « les messages concernant la fertilité doivent être inclusifs et respectueux en s’adressant tant aux femmes qu’aux hommes et plus largement à toute personne, quels que soient son genre, son orientation sexuelle et sa situation personnelle ». Ainsi, « l’expression d’un projet conceptionnel par une personne trans doit être accueillie sans stigmatisation » (cf. Une étude fait la synthèse des recherches sur la « grossesse transmasculine »).
Alors que l’Agence de la biomédecine relance une campagne de recrutement des donneurs de gamètes « afin de permettre à des milliers de projets parentaux de voir le jour »[3], on s’interroge : et l’enfant dans tout ça ?
[1] Adopté par le collège le 11 juin 2026, le document a été publié à la fin du mois de juillet
[2] Hospimedia, Le parcours de santé préconceptionnelle est actualisé par la Haute Autorité de santé Jérôme Robillard (18/08/2026)
[3] ABM, Tour de France #FaitesDesParents 2026 : L’Agence de la biomédecine repart sur le terrain et dévoile les résultats de son baromètre annuel sur le don de gamètes, communiqué de presse du 08/09/2026