« Transition de genre » des mineurs : le Portugal interdit les traitements hormonaux et restreint la possibilité de changer d’Etat civil
Le Parlement portugais a voté un ensemble de textes visant à abroger la loi n° 38/2018 « qui consacre le droit à l’autodétermination de l’identité de genre et de l’expression de genre » (cf. Portugal : 541 changements de sexe à l’Etat civil en 2025).
Les mineurs de plus de 16 ans qui voudront changer de sexe à l’Etat civil devront dorénavant, en plus d’une attestation de consentement parental, présenter un justificatif médical. Le Parlement a également interdit le recours aux traitements hormonaux dans le cadre d’une « transition de genre » pour les mineurs.
Que permettait la loi depuis 2018 ?
Jusqu’à présent, conformément à la loi de 2018, étaient « habilitées à demander la procédure de changement de mention du sexe dans l’Etat civil et la modification consécutive du prénom les personnes de nationalité portugaise, majeures et qui ne sont pas sous tutelle ou interdites pour cause de troubles psychiques, dont l’identité de genre ne correspond pas au sexe attribué à la naissance ».
Les mineurs âgés de 16 ans ou plus devaient formuler une demande « par l’intermédiaire de leurs représentants légaux », avec une « audition en personne du demandeur, afin de vérifier son consentement libre et éclairé », « sans référence à des diagnostics d’identité de genre » (cf. Fin des « thérapies de conversion » au Portugal ?).
Des traitements hormonaux accessibles aux mineurs
Au Portugal, les patients mineurs avaient accès à des traitements hormonaux sans exploration des raisons sous-jacentes possibles à leur désir de transition. Les médecins, outre les paramètres de santé physique, interrogent les jeunes patients sur les « objectifs de transition », et non les causes. Au cours de la première année de traitement, le patient doit consulter un médecin pour un suivi tous les trois mois, puis une fois par an. Le système de santé portugais suit dans ce domaine les recommandations de la WPATH (World Professional Association for Transgender Health), dont l’objectivité est remise en cause[1] (cf. Changement de genre chez les mineurs : la WPATH « coupable » d’une « fraude scientifique majeure et inqualifiable »).
Un changement législatif reposant sur le principe de précaution
Le Parti social-démocrate (PSD) a obtenu l’abrogation de la législation de 2018 et le retour au régime de 2011, en réintroduisant l’obligation d’une validation médicale pour le changement de nom et de genre à l’Etat civil pour les mineurs âgés de 16 à 18 ans.
Parallèlement à cela, le parti Chega et le Parti du centre démocratique et social (CDS) ont fait voter des textes visant à interdire l’utilisation de bloqueurs de puberté et de traitements hormonaux chez les mineurs souffrant de dysphorie de genre. Les députés invoquent le principe de précaution et soutiennent que des décisions aussi lourdes de conséquences pour la santé doivent être reportées à la majorité du patient (cf. Royaume-Uni : le NHS suspend les prescriptions d’hormones pour les « transitions de genre » des jeunes de moins de 18 ans ; Les Etats-Unis mettent fin aux « transitions de genre » pour les mineurs. Et la France ?).
[1] Santos RB, Lemos C, Saraiva M. Gender-affirming hormone therapy in Portugal: knowledge, safety and adherence. Int J Transgend Health. 2023 Dec 25;26(1):105-118. doi: 10.1080/26895269.2023.2296542. PMID: 39981279; PMCID: PMC11837941.
Sources de la synthèse de presse : Sic Noticias e Lusa (20/03/2026) ; Executive digest, Francisco Laranjera (20/03/2026) ; The European conservative, TEC News (20/03/2026)