Un texte « dangereux » dans un contexte de coupes budgétaires : le Parlement écossais vote contre le suicide assisté

Publié le 18 mars 2026
Un texte « dangereux » dans un contexte de coupes budgétaires : le Parlement écossais vote contre le suicide assisté
© iStock

Le 17 mars dans la nuit, après quatre jours d’intenses débats, le parlement d’Ecosse s’est prononcé contre la proposition de loi sur le suicide assisté déposée par le député libéral démocrate Liam McArthur. Avec 69 voix contre et 57 voix pour, l’écart est plus important que prévu.

Liam McArthur avait accordé une concession à l’opposition : il avait accepté d’ajouter que seuls seraient éligibles les patients « dont on peut raisonnablement s’attendre à ce qu’ils décèdent dans les six mois ». Mais cela n’a pas suffi à convaincre les députés (cf. Ecosse : les Parlementaires refusent l’euthanasie des mineurs, mais aussi les autres garde-fous).

« La dernière chose que nous devrions faire est de suggérer que mettre fin à la vie est une forme de traitement »

Le député Jamie Hepburn, du Parti national écossais (SNP), a déclaré avoir changé d’avis car cette mesure aurait altéré la relation patient-médecin (cf. Euthanasie : « On n’impose rien à personne » ?). Le conservateur Brian Whittle quant à lui estime que les coupes budgétaires dans les services sociaux rendent le texte « dangereux » pour les personnes les plus vulnérables. Et Edward Mountain, conservateur, redoute le fait que les médecins aient le pouvoir de proposer la mort aux patients : « Les parcours de soins sont à juste titre la priorité absolue, mais ce projet de loi donnera désormais aux médecins le droit de dire, dans les cas terminaux, que la mort est une option. Je pense que la dernière chose que nous devrions faire est de suggérer que mettre fin à la vie est une forme de traitement » (cf. « Peut-on parler de libre choix quand l’accès aux soins palliatifs reste inégal selon les territoires ?» : une courte majorité de députés adopte « l’aide à mourir » en 2e lecture).

Le gouvernement écossais se positionne officiellement de manière neutre, pour autant le Premier ministre et chef du SNP, John Swinney, s’oppose clairement à cette proposition de loi et avait annoncé qu’il voterait contre, tout comme Nicola Sturgeon, l’ancienne Première ministre, et Anas Sarwar, le chef du Parti travailliste écossais.

Un basculement parmi les nations du Royaume-Uni

L’Ecosse aurait été la première nation constitutive du Royaume-Uni à dépénaliser l’« aide à mourir » après les dépendances de la Couronne de l’île de Man (cf. Le Parlement de l’Ile de Man autorise le suicide assisté) et de l’île anglo-normande de Jersey (cf. Jersey : les députés autorisent l’« aide à mourir »).

En Angleterre et Pays de Galles, le processus législatif est en cours (cf. Fin de vie : plus de 900 amendements proposés par les Lords) et pourrait être accéléré sous la pression de certains parlementaires. En effet, dans une lettre privée adressée au Premier ministre Keir Starmer, plus de 150 parlementaires ont protesté contre ce qu’ils considèrent comme un blocage de l’examen de la proposition de loi sur la fin de vie. Ils accusent les opposants à la loi de faire obstruction au processus législatif : si le texte n’est pas examiné à temps, il ne pourra pas être adopté en dépit du vote de la Chambre des communes (cf. Royaume-Uni : la Chambre des Communes adopte la proposition de loi sur l’« aide à mourir »).

Seule la moitié des 1.200 amendements à l’étude ont été débattus après 11 jours d’examen. Les opposants au texte soutiennent que celui-ci nécessite un examen approfondi.

Sources de la synthèse de presse : The Guardian, Severin Carrell ; STV News, Kevin Scott ; Itv, Paul Brand (17/03/2026)