Jersey : les députés autorisent l'« aide à mourir »
Le 26 février, le Parlement de l’île anglo-normande de Jersey a adopté, par 32 voix contre 16, la proposition de loi créant un « droit à l’aide médicale à mourir » (cf. Jersey : un pas de plus vers l’« aide à mourir »). Le texte va désormais être soumis à l’assentiment royal.
Une loi sûre et transparente ?
Pour être éligibles, les patients devront être atteints d’une maladie en phase terminale provoquant des « souffrances insupportables » et avoir leur pronostic vital engagé à 6 mois, ou 12 mois pour les maladies neurodégénératives.
Ils devront également être âgés de plus de 18 ans, résider sur l’île de Jersey depuis plus d’un an, et avoir la capacité de prendre cette décision de façon « volontaire, clairement exprimée, définitive et éclairée ». La demande devra en outre être validée par un professionnel de santé.
Tom Binet, ministre de la Santé et des Services sociaux de Jersey, considère que ce texte est « l’une des lois sur l’aide médicale à mourir les plus sûres et les plus transparentes au monde. »
« Des questions éthiques très profondes »
Le député Sir Philip Bailhache a, lui, fait part de son opposition et de ses inquiétudes face à la proposition de loi adoptée. « La vie est précieuse et je ne pense pas vraiment qu’il appartienne aux gens d’y mettre fin de la manière dont la loi sur l’aide médicale à mourir va désormais l’autoriser » souligne l’élu. « Je suis tout à fait favorable à la compassion, je suis favorable à ce que les gens meurent dignement, mais je ne suis pas favorable à la loi qui vient d’être adoptée. »
« Je pense que ce sujet soulève des questions éthiques très profondes et je ne suis pas sûr de ce qui va se passer » prévient Sir Philip Bailhache. « Je crains que cela ne change la communauté de Jersey d’une manière que nous ne sommes peut-être pas encore en mesure de prévoir. »
D’autres textes adoptés au Royaume-Uni
En mars 2025, l’île de Man est devenue la première île britannique à légaliser l’« aide médicale à mourir ». Elle a adopté une proposition de loi autorisant le suicide assisté pour les adultes en phase terminale et résidant sur l’île depuis plus de cinq ans (cf. Le Parlement de l’Ile de Man autorise le suicide assisté). Le texte est toutefois toujours en attente de l’assentiment royal.
En Angleterre et au Pays de Galles, une proposition de loi est en cours de discussion (cf. Royaume-Uni : la Chambre des Communes adopte la proposition de loi sur l’« aide à mourir »). En novembre 2024, les députés britanniques ont adopté en première lecture le texte autorisant l’« aide à mourir » pour certains patients en phase terminale, mais il progresse désormais lentement à la Chambre des Lords (cf. Fin de vie : plus de 900 amendements proposés par les Lords).
L’« aide médicale à mourir » est donc actuellement illégale en Angleterre, au Pays de Galles et en Irlande du Nord. Elle est passible de 14 ans de prison « en cas d’aide ou d’incitation ».
En mai 2025, le Parlement écossais a en revanche adopté en première lecture un projet de loi autorisant l’« aide à mourir » pour les personnes en phase terminale (cf. Ecosse : le Parlement donne un premier feu vert à l’« aide à mourir »).
Sources de la synthèse de presse : AFP (26/02/2026) ; BBC, Ammar Ebrahim, Fergus Walsh, Jake Wallace (26/02/2026)