Une étude démontre l’influence de la pilule contraceptive sur la peur
Lisa-Marie Davignon, étudiante en doctorat de psychologie à l’Université du Québec à Montréal (UQAM), a examiné l’hypothèse selon laquelle les hormones sexuelles contenues dans la pilule contraceptive auraient un impact sur la régulation de la peur, émotion centrale dans l’apparition de troubles anxieux. En effet, les femmes sont deux fois plus susceptibles que les hommes de vivre avec des troubles anxieux.
Elle a publié ses résultats dans la revue Neuropsychopharmacology.
« Ces résultats nous laissent croire que certains effets de la prise de contraceptifs oraux peuvent subsister à long terme »
Une étude a ainsi été menée sur 147 participants répartis en quatre groupes : des femmes prenant la pilule, d’anciennes utilisatrices, des femmes n’y ayant jamais eu recours et des hommes. L’objectif était d’évaluer les réactions de peur face à des contextes sécuritaires et menaçants grâce à une IRM permettant de mesurer la transpiration dans la paume de la main. « Nos résultats montrent que, dans des contextes sécuritaires, les femmes qui prennent la pilule affichaient des réactions de peur plus élevées que celles qui ne l’avaient jamais prise, particulièrement lorsque la pilule contenait des doses élevées d’œstrogène synthétique, explique Lisa-Marie Davignon. Les anciennes utilisatrices de pilule présentaient elles aussi des réactions accrues. Ces résultats nous laissent croire que certains effets de la prise de contraceptifs oraux peuvent subsister à long terme. »
Un impact sur la régulation des émotions et la mémoire contextuelle
Concrètement, les résultats de cette étude indiquent que l’utilisation des contraceptifs oraux s’accompagne de variations dans la région cérébrale sensible aux hormones sexuelles, très importante pour la mémoire contextuelle ainsi que pour la régulation des émotions. Or, une plus forte activité a été observée dans cette région du cerveau chez les femmes n’ayant jamais pris la pilule, ce qui pourrait expliquer leur meilleure capacité à interpréter les situations comme non menaçantes.
Source de la synthèse de presse : UQAM (24.02.2026)