Une nouvelle étude remet en cause la pertinence du DPI-A
Une étude publiée dans la revue Nature Biotechnology[1] indique que le diagnostic préimplantatoire des aneuploïdies est « susceptible de surestimer le nombre d’embryons présentant des anomalies » (cf. DPI-A : une étude démontre son invalidité).
Une nouvelle technique d’imagerie
Des chercheurs du Loke Center for Trophoblast Research de l’université de Cambridge ont mis en œuvre une nouvelle technique d’imagerie développée en collaboration avec des scientifiques du Francis Crick Institute pour observer les embryons « en temps réel » pendant 46 heures après leur décongélation, avec une « haute résolution » (cf. Embryons : la sélection sous « haute résolution »). « La plus longue période d’observation en continu jamais réalisée », assure le Dr Ahmed Abdelbaki, chercheur postdoctoral au Loke Center for Trophoblast Research et premier auteur de l’étude. Il s’agissait de reproduire le délai intervenant entre le DPI-A et l’implantation, pendant lequel l’embryon continue de se développer.
Cette nouvelle technique d’imagerie consiste à marquer l’ADN présent à l’intérieur du noyau cellulaire avec une protéine fluorescente, le rendant ainsi visible au microscope. Les chercheurs utilisent ensuite une technique d’imagerie appelée « microscopie à feuille de lumière »[2] pour observer les embryons en 3D au fur et à mesure de leur développement. Cette technique n’éclaire qu’une « fine tranche de l’embryon » à la fois, réduisant ainsi l’exposition à la lumière et permettant une observation plus longue.
Des « anomalies » du placenta et pas de l’embryon
Ils ont ainsi constaté que « des anomalies peuvent apparaître à un stade plus avancé du développement embryonnaire qu’on ne le pensait auparavant ». Dès lors, les tests utilisés peuvent détecter des « erreurs » dans des cellules qui vont se développer pour former le placenta[3].
Les scientifiques ont observé la division de 223 cellules au sein de 13 embryons et ont remarqué que 8 % des cellules présentaient un « désalignement chromosomique ». Un phénomène qui « augmente considérablement » le risque que les cellules résultant de la division cellulaire aient des chromosomes supplémentaires ou manquants.
Ces « erreurs » se limitaient à la couche externe, qui formera le placenta. L’étude n’ayant porté « que sur un petit nombre d’embryons », il est difficile de savoir si ces résultats peuvent être généralisés, commente le Dr Lilli Zimmerman du Northwell Health. Les chercheurs indiquent étudier si ces « anomalies » peuvent se former ailleurs.
NDLR : Cette étude a été réalisée en utilisant des embryons « surnuméraires » issus de fécondations in vitro. Après avoir été utilisés pour cette recherche, ils ont été détruits (cf. « Un embryon est un embryon quel que soit l’endroit où il se trouve »).
[1] Abdelbaki, A et al. Live imaging of late-stage preimplantation human embryos reveals de novo mitotic errors, Nature Biotechnology (2025). DOI: 10.1038/s41587-025-02851-1
[2] « light-sheet microscope »
[3] Ces « anomalies » apparaissent dans la couche externe du blastocyste, qui se développe pour former le placenta. C’est à partir de cette couche que sont effectuées les biopsies pour le dépistage de l’aneuploïdie.
Sources de la synthèse de presse : Medical Xpress, University of Cambridge (23/10/2025) ; New Scientist, Grace Wade (23/10/2025)