Avant le mammouth laineux, des chercheurs fabriquent des « souris laineuses »
Des chercheurs de l’entreprise de biotechnologie Colossal Biosciences ont fabriqué des souris dotées de « poils longs, épais et laineux »[1], en modifiant 7 gènes sur des embryons. Leur objectif est de faire « revivre » le mammouth laineux, une espèce éteinte depuis 4000 ans environ (cf. Colossal, l’entreprise américaine qui veut créer des hybrides de mammouth laineux). Ces travaux n’ont pour le moment uniquement fait l’objet d’une pré-publication disponible sur bioRxiv [2].
Pour faire « revivre » des espèces éteintes [3], l’entreprise identifie les « caractéristiques-clés » des animaux disparus en étudiant de l’ADN ancien. Les scientifiques de Colossal ont examiné les bases de données relatives aux gènes de souris pour identifier les gènes liés à la texture des poils et au métabolisme des graisses. Chacune de ces variations génétiques est « déjà présente chez certaines souris vivantes », a déclaré Beth Shapiro, directrice scientifique de Colossal, mais « nous les avons toutes réunies dans une seule souris », explique-t-elle. Un résultat « technologiquement très intéressant », pour Vincent Lynch, biologiste à l’université de Buffalo, qui n’a pas participé à la recherche.
La société indique qu’elle s’est d’abord concentrée sur les souris pour confirmer que le procédé fonctionne avant de passer éventuellement à la modification d’embryons d’éléphants d’Asie, les parents vivants les plus proches des mammouths laineux. « Il est possible de modifier la pilosité d’un éléphant d’Asie ou de l’adapter au froid, mais il ne s’agit pas de ressusciter un mammouth laineux. Il s’agit de modifier un éléphant d’Asie », commente Christopher Preston, un expert dans le domaine de l’environnement à l’université du Montana qui n’est pas impliqué dans ces recherches.
Les éléphants d’Asie étant une espèce en voie de disparition, le PDG de Colossal Biosciences, Ben Lamm, s’attend à « beaucoup de paperasserie ». L’entreprise a recueilli plus de 400 millions de dollars de financement. Elle a par ailleurs a déjà donné naissance à deux start-ups dans le domaine de la santé. « Cela fait partie de la façon dont nous monétisons notre activité », explique le chef d’entreprise.
[1] Qu’ils ont baptisées « Colossal woolly mouse »
[2] Rui Chen et al, Multiplex-edited mice recapitulate woolly mammoth hair phenotypes, biorxiv (2025). DOI: 10.1101/2025.03.03.641227, www.biorxiv.org/content/10.110 … /2025.03.03.641227v1
[3] La société veut également « ressusciter » le dodo.
Source : Phys.org, Christina Larson (04/03/2025)