Belgique : les euthanasies augmentent encore de 12,4 % en 2025
Selon les chiffres publiés par la Commission fédérale de contrôle et d’évaluation de l’euthanasie le 20 mars, 4 486 déclarations d’euthanasie ont été enregistrées en Belgique en 2025, ce qui représente une nouvelle hausse de 12,4 % par rapport à l’année précédente (cf. Belgique : les euthanasies en hausse de 16,6% en 2024). Plus de vingt ans après la dépénalisation de l’euthanasie, l’acte se banalise chaque année un peu plus (cf. « La loi euthanasie belge n’a pas tenu ses promesses »).
En 2024, moins de 4 000 euthanasies avaient été recensées, et jusqu’en 2022, moins de 3 000 procédures étaient comptabilisées. Depuis, elles n’ont pas cessé d’augmenter. Elles représentent désormais 4 % des décès du pays, soit 12 euthanasies en moyenne par jour. « A un moment, on arrivera à un plafond, mais on n’y est pas encore », considère Jacqueline Herremans, présidente francophone de la Commission.
Hausse des demandes liées à des « polypathologies »
Les cancers restent la première pathologie à l’origine des demandes d’euthanasies, même si leur part diminue de 4,2 % cette année. Ils représentent 49,9 % des raisons invoquées en 2025. Les « polypathologies » sont en revanche en augmentation. Elles sont en effet à l’origine de 29,6 % des déclarations enregistrées, contre 26,8 % l’an dernier (cf. Euthanasies en hausse, augmentation des « polypathologies » : la Commission de contrôle belge rend son rapport bisannuel). Les maladies neurologiques (8,2 %), les maladies respiratoires (3,3 %) et les maladies cardiaques (2,4 %) viennent ensuite. Les euthanasies pour « troubles cognitifs » représentent, elles, 1,7 % des décès après euthanasies, et celles pour « affections psychiatriques » 1,6 %, soit une hausse par rapport à 2024 (cf. En Belgique, la jeune Siska sera bientôt euthanasiée à 26 ans pour trouble dépressif sévère).
Six euthanasies ont également été pratiquées suite à la rédaction de directives anticipées. Parmi les demandes, de plus en plus concernent en outre des personnes dont le pronostic vital n’est pas engagé à court terme (1 117 déclarations en 2025, soit 24,9 %, ccontre 932 en 2024) (cf. Belgique : un président de mutuelle favorable à l’euthanasie des personnes « qui en ont assez de vivre »). La loi belge n’exigeant pas que la personne soit en phase terminale, le dispositif ouvre la voie aux dérives qui se multiplient (cf. Les dérives inquiétantes de la pratique de l’euthanasie en Belgique).
En 2025, un nouveau mineur a aussi été euthanasié, « portant à 7 le nombre total de cas depuis l’extension de la loi aux mineurs en 2014 » (cf. Euthanasie d’un mineur en Belgique : le double abandon). 61 personnes de moins de 40 ans sont en outre décédées par euthanasie en 2025, soit 1,4 % du total. La plupart des patients concernés sont âgées de plus de 70 ans (73,7 %), et 45 % d’entre eux ont plus de 80 ans.
La commission ne relève en revanche pas de différence significative entre les demandes concernant des hommes (47,8 %), et celles des femmes (52,2 %).
Une majorité de déclarations en néerlandais
Concernant le lieu, 67,1 % des euthanasies ont été pratiquées en 2025 sur le lieu de vie du patient, qu’il s’agisse du domicile, d’un logement adapté aux seniors, d’une résidence services ou d’une maison de repos. Un choix qui « se confirme d’année en année, de manière nette » souligne la commission. Parmi elles, la part des euthanasies pratiquées à domicile diminue (50,4 % en 2024 et 48,5% cette année) alors que celles réalisées en maison de repos augmente (18,6 % en 2025 et 17,6 % en 2024). Toutefois, 30,9 % des demandes ont eu lieu en milieu hospitalier, dont 6,4 % en service de soins palliatifs (cf. Belgique, Pays-Bas, … : les soins palliatifs moins développés dans les pays qui autorisent l’euthanasie). La vocation de soins et d’accompagnement de ces services pourra-t-elle être maintenue ? La mort administrée ne finira-t-elle pas par les remplacer ?
Comme les années précédentes, il existe un écart important entre le nombre de déclarations rédigées en néerlandais (3 379 soit 75,3 % des déclarations), et celles rédigées en français (1 107 soit 24,7 % des demandes). En 2025, l’écart tend toutefois à se réduire, les documents en français ayant proportionnellement plus augmenté que ceux en néerlandais (+ 16,6 % contre + 11,1 %). « En l’absence d’étude sur le sujet », la Commission indique cependant « ne pas pouvoir donner d’explication certaine à cette différence ». En 2025, 123 personnes domiciliées à l’étranger, dont 110 français, sont aussi venues en Belgique pour avoir recours à l’euthanasie.
Comme en 2024, la Commission fédérale de contrôle et d’évaluation de l’euthanasie n’a par ailleurs transmis aucun dossier au procureur du Roi en 2025. Serait-elle une simple chambre d’enregistrement renonçant à exercer un véritable contrôle ? (cf. Belgique : la Commission de contrôle de l’euthanasie est débordée)