Du tissu testiculaire produit des cellules germinales précoces malgré un traitement contre un cancer de l'enfance
Des chercheurs du Karolinska Institutet ont démontré qu’il était possible de créer des « cellules germinales précoces » à partir de tissu testiculaire conservé, provenant de jeunes garçons ayant suivi un traitement contre le cancer. Selon les scientifiques, cette étude, publiée dans la revue Human Reproduction Open[1], « pourrait à terme contribuer à la mise au point de nouvelles méthodes visant à protéger et à restaurer la fertilité après un cancer de l’enfance » (cf. Greffe de tissu ovarien ou testiculaire : restaurer la fertilité malgré une chimiothérapie subie à l’adolescence).
Le passage par des iPS
Alors que les traitements anticancéreux peuvent endommager les cellules qui formeront plus tard les spermatozoïdes, les chercheurs ont cherché à déterminer si d’autres cellules présentes dans les testicules pouvaient être utilisées pour « recréer » ces précurseurs des spermatozoïdes.
Pour ce faire, ils ont utilisé du tissu testiculaire congelé provenant de deux garçons prépubères qui avaient été traités pour un cancer et ne disposaient plus que de très peu de cellules germinales. Les cellules de support restantes ont été isolées du tissu et reprogrammées en cellules souches pluripotentes induites (iPS) (cf. 20 ans des cellules iPS : où en est-on aujourd’hui ?). Celles-ci ont ensuite été conduites à se différencier en cellules germinales précoces, appelées cellules germinales primordiales (cf. Des chercheurs génèrent des précurseurs de gamètes humains à partir d’iPS).
Une première étape
« Nos résultats montrent qu’il est possible de générer des cellules souches pluripotentes induites pour produire des cellules germinales précoces à partir de tissu testiculaire congelé, même lorsque ces échantillons sont gravement affectés par un traitement anticancéreux », explique le premier auteur de l’étude, Tiago Macedo.
Les chercheurs ont utilisé un protocole de reprogrammation compatible avec la clinique, ce qui faciliterait de futures applications. Les cellules souches reprogrammées ont satisfait aux « contrôles de qualité standard » et ont ensuite été différenciées en cellules germinales précoces à l’aide de deux méthodes distinctes, « avec une efficacité relativement élevée ».
Des perspectives à court et long terme, mais d’autres études sont nécessaires
L’étude ne fait que valider le principe, mais d’autres recherches sont nécessaires pour « garantir la fiabilité des résultats, faire maturer davantage les cellules germinales qui ont été obtenues et valider de manière exhaustive leur innocuité avant toute application clinique ».
A court terme déjà, ces résultats permettent d’éclairer la façon dont les cellules germinales sont affectées par les traitements et le « potentiel régénératif » des tissus conservés, ce qui pourra aider à développer des « stratégies de protection », explique l’auteur principal, João Pedro Alves-Lopes. A plus long terme, ils ouvrent la voie à « de nouveaux traitements régénératifs visant à restaurer la fertilité » chez les patients ayant survécu à un cancer.
[1] Tiago Macedo et al, Human iPSCs derived from cryopreserved testicular somatic cells enable germline regeneration in childhood cancer survivors, Human Reproduction Open (2026). DOI: 10.1093/hropen/hoag054
Source de la synthèse de presse : Medical Xpress, Jelaine Legaspi, Karolinska Institutet (02/07/2026)