En 2025, le nombre des décès en France a dépassé celui des naissances

Publié le 13 janvier 2026 . Mis à jour le 22 janvier 2026 à 18:39.
En 2025, le nombre des décès en France a dépassé celui des naissances
© iStock - upixa

L’Insee vient de publier son bilan démographique pour l’année 2025. Au 1er janvier 2026, la population française est estimée à 69,1 millions d’habitants. Un chiffre supérieur de 0,25 % à celui de 2024.

Mais le fait marquant de ce bilan est qu’en 2025 le nombre de décès a dépassé celui des naissances. En effet, 645 000 bébés sont nés en France l’année dernière. « C’est 2,1 % de moins qu’en 2024 et 24 % de moins qu’en 2010, année du dernier point haut des naissances », souligne l’Insee. En conséquence « l’indicateur conjoncturel de fécondité poursuit sa baisse : après 1,61 en 2024, il s’établit à 1,56 enfant par femme en 2025 ; c’est le niveau le plus faible depuis la fin de la Première Guerre mondiale ».

En parallèle de cette baisse de la natalité, la mortalité a, elle, connu une hausse : 651 000 personnes sont décédées en France l’année dernière, un chiffre en augmentation de 1,5 % par rapport à 2024.

« Ainsi, pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, le solde naturel en France est négatif en 2025 : il s’établit à ‑6 000. »

La chute de la fécondité ne s’explique pas par la chute du désir d’enfant

Face à ce constat, l’Union Nationale des Associations Familiales (Unaf) appelle à « remuscler la politique familiale », d’autant que la baisse de la natalité n’est pas la conséquence d’un recul du désir d’enfant.

« On ne constate aucune variation du désir d’enfant en 15 ans donc on ne peut pas expliquer la chute de la fécondité par une chute du désir d’enfant, affirme Bernard Tranchand, le président de l’Unaf. Il faut donc lever les freins pour permettre aux familles d’accueillir autant d’enfants qu’elles le souhaitent ».

Les Français qui souhaitent avoir des enfants « sont trop nombreux à renoncer à leur projet d’enfant », abonde Jérémie Patrier-Leitus, le rapporteur de la mission parlementaire sur la baisse de la natalité (cf. Mission d’information sur la baisse de la natalité : la révision de la loi de bioéthique débute en toute discrétion). « Il faut une révolution de la politique familiale, revoir complètement ses objectifs et ses principes », considère-t-il.

« L’expression, consciente ou inconsciente, d’une insatisfaction profonde à travers le refus de transmettre la vie »

Le mathématicien et philosophe Olivier Rey rappelle que « l’engendrement demeure la condition et le modèle de toute fécondité ». Or, « dans l’ensemble, plus un pays est moderne, plus la natalité y est basse » (cf. Dé-fécondité. Ses raisons, sa déraison – Olivier Rey). « Un facteur majeur tient à la pulvérisation des anciennes communautés, familiales et locales », explique-t-il.

« Beaucoup d’entre nous sont partagés entre d’une part la conviction que la dynamique actuelle est aussi néfaste qu’intenable, d’autre part l’incapacité radicale de s’y soustraire, parce qu’il n’y a plus d’extérieur et parce que nous avons désappris à vivre en dehors d’elle », analyse Olivier Rey. Un « clivage » qui peut se traduire ainsi : « d’un côté, une adhésion au monde tel qu’il est, aux types d’existences qu’il préconise ; d’un autre côté, l’expression, consciente ou inconsciente, d’une insatisfaction profonde à travers le refus de transmettre la vie. Une sorte d’euthanasie, non pas individuelle mais collective. »

Le philosophe affirme : « Pour que la natalité reparte, ce qui est à perdre est une forme d’hypnose et, à retrouver, un certain sens des réalités ».

Sources de la synthèse de presse : Insee (13/01/2026) ; Le Figaro, Agnès Leclair (08/01/2026) ; Le JDD, propos recueillis par François Bousquet (07/01/2026) ; AFP (13/01/2026)