Espagne : 565 personnes décédées en 2025 après une « aide à mourir »

Publié le 18 juin 2026
Espagne : 565 personnes décédées en 2025 après une « aide à mourir »
© iStock

En 2025, 565 personnes sont décédées après une « aide à mourir » en Espagne (cf. Espagne : 426 euthanasies en 2024 et 459 organes transplantés depuis la promulgation de la loi). Un chiffre qui représente 1 décès sur 750. Ces données provisoires ont été présentées par la ministre de la Santé, Mónica García, en clôture de la journée intitulée « Cinq ans de la loi organique sur la réglementation de l’euthanasie : progresser en matière de droits ». Depuis l’entrée en vigueur de la loi, 1668 personnes ont eu recours à l’euthanasie. Les chiffres témoignent d’une augmentation constante des demandes : sur 3716 requêtes recensées, 1284 ont été formulées en 2025 (cf. Euthanasie de Noelia : la CEDH examinera si l’Espagne a violé son « droit à la vie »).

Au cours de l’année 2025, 1 187 procédures d’« aide à mourir » ont été finalisées, quelle que soit la date à laquelle elles ont été introduites. Ainsi, 47,7% des procédures ont abouti à l’euthanasie du demandeur. Dans 374 cas il était décédé afin la fin de la procédure. En outre 157 demandes ont été refusées, soit 13,2% des dossiers traités. La majorité de ces refus sont intervenus au début de la procédure, au moment de la décision du médecin traitant (cf. Espagne : la Commission passe outre l’avis médical pour l’euthanasie d’un homme dépressif). Dans 8% des cas enfin, le patient a retiré sa demande.

Des disparités territoriales

Des disparités sont à noter selon les différentes communautés autonomes. Ainsi, la Catalogne a enregistré le taux le plus élevé de demandes d’« aide à mourir » en 2025, avec 6,14 demandes pour 100 000 habitants ; la moyenne nationale étant de 2,61. La Catalogne est suivie de la Navarre et du Pays basque où les demandes sont également plus fréquentes que la moyenne nationale. Si les cancers sont à l’origine de la majorité des demandes (37%), les maladies neurologiques sont la cause principale des euthanasies effectivement « accordées » (46%) devant les cancers (30%).

Par rapport aux autres pays dotés de cadres juridiques similaires, l’Espagne enregistre relativement peu d’euthanasies. Le taux de mortalité lié à l’« aide à mourir » y est de 0,13% alors qu’il atteint 5,96% aux Pays-Bas, 5,10% au Canada et 4% en Belgique. Pour la ministre de la Santé, ces écarts sont dus aux délais des procédures. De nouvelles mesures sont en cours d’examen (cf. « Procédure accélérée », « section spécifique » sur le don d’organes : le gouvernement espagnol veut modifier les « bonnes pratiques » en matière d’euthanasie).

Sources de la synthèse de presse : La Moncloa (17/06/2026) ; Sur, Álvaro Soto (17/06/2026)