Etats-Unis : une IA autorisée à renouveler des prescriptions médicales

Publié le 12 janvier 2026
Etats-Unis : une IA autorisée à renouveler des prescriptions médicales
© iStock - bernie_photo

Il y a un mois, l’Utah a lancé un « programme pilote » en partenariat avec la start-up Doctronic, visant à permettre à une intelligence artificielle (IA) de renouveler les prescriptions de patients atteints de maladies chroniques.

Les 250 premières prescriptions émises dans chaque classe de médicaments seront dans un premier temps « revues par des médecins (humains) » afin « de valider les performances du système ». Ensuite, « une fois ce seuil atteint, les renouvellements ultérieurs pour cette classe thérapeutique seront entièrement automatisés ».

Des avantages espérés, non sans risques

Pour le moment, le programme est « limité » à 190 médicaments « couramment prescrits ». Les antalgiques, les médicaments du TDAH ou encore les médicaments injectables n’en font pas partie, « pour des raisons de sécurité ». L’entreprise facture 4 dollars le renouvellement de prescription. Un tarif « temporaire » qui pourrait baisser.

Le recours à l’IA permettrait en effet « de réduire les coûts, de limiter les ruptures de traitement et d’améliorer l’accès aux soins, tout en générant des données susceptibles d’orienter les politiques de santé ». Mais de nombreuses inquiétudes existent : usages abusifs, notamment pour des personnes souffrant d’addiction qui tenteraient d’obtenir des traitements « de manière inappropriée », ou encore « le risque de passer à côté de signaux cliniques subtils ou d’interactions médicamenteuses qu’un médecin aurait (peut-être) identifié ».

Pour faire face à ces risques, Doctronic a souscrit une police d’assurance « inédite » : le système d’IA est assuré et « tenu au même niveau de responsabilité qu’un médecin ».

Vers des IA considérées comme « des praticiens habilités à prescrire des médicaments »

La Food and Drug Administration (FDA) a refusé de commenter ce programme, considérant que « la question ne relevait pas de son champ réglementaire ».

La start-up est, elle, « déjà en discussion avec d’autres Etats » et vise un feu vert au niveau fédéral. Une proposition de loi a été déposée à la Chambre des représentants. Elle prévoit « que les technologies d’intelligence artificielle et d’apprentissage automatique soient reconnues comme des praticiens habilités à prescrire des médicaments, si elles sont autorisées par l’Etat concerné et approuvées, autorisées ou validées par la Food and Drug Administration ».

Source de la synthèse de presse : JIM, Frédéric Haroche (09/01/2026)