France : le recul des naissances et celui de l’âge de la maternité se pérennise
D’après les dernières données de l’Insee, 643 905 bébés sont nés en France en 2025. Ce chiffre marque une baisse de 2,3% par rapport à l’année précédente, pérennisant le recul des naissances observé depuis 15 ans. « Au total, le nombre de bébés nés en 2025 est inférieur de 24% à celui de 2010 », et la baisse se poursuit encore en 2026. Le nombre de naissances est en effet inférieur de 1,3% sur les 5 premiers mois de l’année par rapport à ceux de 2025 (cf. Dé-fécondité. Ses raisons, sa déraison – Olivier Rey).
Un recul de la maternité qui ne se rattrape pas
L’Institut note qu’en 2025, alors que les naissances chez les femmes de 35 ans ou plus « n’augmente plus », elles continuent de diminuer chez les femmes plus jeunes (cf. Selon une enquête, 65% des Françaises en âge de procréer pensent que « l’infertilité commence à 50 ans »).
Et l’âge de la maternité ne cesse de reculer. En effet les femmes nées en 1965 avaient 1,3 enfant à 30 ans. Celles nées 30 ans plus tard, en 1995, n’en ont que 0,85 au même âge. Ce nombre baisse « de génération en génération ».
Ce « retard » n’est-il qu’un report ? Pas selon les scénarios de l’Insee : la « descendance finale » des femmes nées en 1990 devrait atteindre entre 1,89 et 1,98 enfant par femme quand celle des femmes nées en 1995 devrait être comprise entre 1,63 et 1,87.
Une tendance européenne
Le recul des naissances touche toute l’Europe : « en 2024, dernière année où les données européennes sont disponibles, 3,6 millions de bébés sont nés dans l’ensemble de l’Union européenne (UE), soit 3,2% de moins qu’en2023 », précise l’Insee. Ce qui représente une baisse de 19% en 10 ans. La France est « dans la moyenne européenne ».
« Cette baisse des naissances dans l’ensemble de l’UE est la conséquence à la fois d’une baisse du nombre de femmes en âge d’avoir des enfants (contrairement à la France), et d’une baisse de la fécondité », indique l’Insee (cf. Lancement du « plan fertilité » : le leurre de la PMA). « Entre 2014 et 2024, l’indicateur conjoncturel de fécondité (ICF)[1] de l’ensemble de l’UE est passé de 1,54 à 1,34 enfant par femme ; en France, l’ICF est passé de 2,00 à 1,61 enfant par femme. »
Quelques pays comme la Bulgarie, la Slovaquie, Chypre, le Portugal ou la Croatie, se distinguent : leur ICF est stable, ou en hausse. La Bulgarie avec un ICF de 1,72 enfant par femme en 2024 est en tête pour la deuxième année consécutive. Une place qu’occupait la France depuis 2012.
[1] « L’indicateur conjoncturel de fécondité correspond au nombre d’enfants qu’aurait une femme tout au long de sa vie si les taux de fécondité observés l’année considérée à chaque âge demeuraient inchangés »