Health Data Hub : 54 millions d'économies annoncés, 500 000 euros réalisés

Publié le 27 novembre 2025
Health Data Hub : 54 millions d'économies annoncés, 500 000 euros réalisés
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Les économies attendues par le déploiement du Health Data Hub, la plateforme de données de santé « destinée à faciliter l’accès, le partage et l’exploitation des informations des Français à des fins de recherche et d’amélioration des soins », ont été réduites à peau de chagrin (cf. La Cnam refuse le transfert global de données vers le Health Data Hub). En effet, selon un rapport de la Cour des comptes relatif au Fonds de transformation de l’action publique (FTAP), les 54 millions d’euros initialement escomptés ont dû être revus à la baisse pour finalement tomber à 500 000 euros, soit plus de 100 fois moins.

Le FTAP, créé en 2017 et arrivant à son terme, finance les projets de modernisation de l’Etat avec une trésorerie de près de 1,1 milliard d’euros. Deux types d’économies étaient attendues avec la mise en place du Health Data Hub : « une rationalisation des nombreuses bases de données dans le secteur de la santé et une amélioration de l’efficacité du système de soins français grâce à des économies structurelles via une meilleure allocation des ressources ».

Le choix controversé de Microsoft Azure

Le rapport précise que ce mauvais retour sur investissement s’explique par une diminution du périmètre de la plateforme causé par « certaines oppositions à l’utilisation de l’application numérique choisie » (cf. La Certification d’hébergeur de données de santé en France accordée à des sociétés privées : les professionnels de la santé s’inquiètent ; Hébergement du Health Data Hub par Microsoft : le Conseil d’Etat rejette une nouvelle requête). En effet, Microsoft Azure est soumis à la loi américaine, dont le CLOUD Act. Cette loi autorise les autorités, sous certaines conditions, à exiger l’accès aux données dont l’hébergement est assuré par une société américaine, leur localisation important peu.

En tant que prestataire de données sensibles, le Health Data Hub doit recourir à un prestataire présentant des « garanties de souveraineté », selon la loi SREN – la loi qui vise à sécuriser et réguler l’espace numérique. En juillet dernier, un appel d’offres a été publié afin de trouver « une solution intercalaire », conforme aux référentiels SecNumCloud (cf. Des sénateurs estiment qu’il est temps de rapatrier les données du Health data hub).

Sources de la synthèse de presse : Acteurs publics, Philippine Ramognino (13/11/2025) ; L’Usine digitale, Alice Vitard (26/11/2025)