« Hématoïdes » : des « modèles embryonnaires » produisent des cellules sanguines
Des scientifiques de l’université de Cambridge ont utilisé des cellules souches embryonnaires humaines (CSEh) pour créer des « embryons de synthèse » reproduisant « certains aspects du développement humain très précoce, notamment la production de cellules souches sanguines »[1]. Les chercheurs ont publié leurs travaux dans la revue Cell Reports[2].
Vers la production de sang « entièrement compatible avec le corps du patient » ?
L’objectif est de « simuler des troubles sanguins tels que la leucémie et produire des cellules souches sanguines durables pour les greffes ».
Les scientifiques mettent en avant que les cellules souches humaines utilisées pourraient être créées à partir de n’importe quelle cellule du corps[3] (cf. Les cellules iPS : pour le meilleur mais aussi pour le pire ?). Ce qui les conduit à affirmer que « cette approche présente également un grand potentiel pour la médecine personnalisée à l’avenir, en permettant la production de sang entièrement compatible avec le corps du patient ».
Des « cellules cardiaques battantes » au huitième jour
Ces « modèles embryonnaires », que les scientifiques ont baptisés « hématoïdes », « s’auto-organisent » et commencent à produire du sang après environ deux semaines de culture en laboratoire, « imitant ainsi le processus de développement des embryons humains ».
En effet, les chercheurs ont pu observer qu’au deuxième jour, les « hématoïdes » s’étaient « auto-organisés » en trois feuillets, appelés ectoderme, mésoderme et endoderme, qui constituent le point de départ de la formation de tous les organes et tissus du corps, y compris le sang.
Au huitième jour, des « cellules cardiaques battantes » s’étaient formées. Des cellules qui deviennent le cœur « dans un embryon humain en développement ».
Un brevet déjà déposé
Au treizième jour, l’équipe a observé l’apparition de « taches rouges » de sang dans les « hématoïdes ». Elle a aussi pu démontrer que les cellules souches sanguines des « hématoïdes » peuvent se différencier en divers types de cellules sanguines, y compris des cellules immunitaires spécialisées, telles que les lymphocytes T.
Ces cellules sanguines se développent jusqu’à un stade qui correspond « approximativement » à la quatrième ou cinquième semaine du développement embryonnaire humain[4].
Les scientifiques ont breveté ces travaux par l’intermédiaire de Cambridge Enterprise
NDLR : L’utilisation de CSEh conduit à la destruction des embryons dont elles sont issues. Pour conduire leurs travaux et contourner l’interdit de fabrication d’embryons pour la recherche, les chercheurs assurent que « ces structures diffèrent des véritables embryons humains à bien des égards et ne peuvent pas se développer en embryons humains ». Une affirmation qui repose uniquement sur le fait que ces « embryons de synthèse » sont dépourvus de certains tissus (cf. Des « modèles embryonnaires » plus difficiles à distinguer : l’ISSCR actualise ses recommandations).
Les auteurs indiquent que « cette étude a reçu les autorisations nécessaires ».
[1] Les cellules souches sanguines humaines, également appelées cellules souches hématopoïétiques, sont des cellules immatures qui peuvent se développer en n’importe quel type de cellule sanguine, y compris en globules rouges qui transportent l’oxygène et en divers types de globules blancs essentiels au système immunitaire.
[2] A post-implantation model of human embryo development includes a definitive hematopoietic niche, Cell Reports (2025). DOI: 10.1016/j.celrep.2025.116373
[3] Technique de reprogrammation de cellules somatiques en cellules iPS
[4] Actuellement la recherche sur l’embryon est autorisée jusqu’à 14 jours (cf. Recherche sur l’embryon : le régulateur britannique veut repousser la limite à 28 jours)
Source de la synthèse de presse : Phys.org, University of Cambridge (13/10/2025)