« Mécanismes plausibles » : un protocole pour généraliser des thérapies personnalisées
Des chercheurs ont développé une approche visant à ouvrir la voie à l’approbation réglementaire — et à la prise en charge par les assurances — de traitements contre des maladies rares qui, sinon, auraient eu « peu de chances » d’être commercialisés car ils ne bénéficient qu’à très peu de personnes. En collaboration avec la FDA, Kiran Musunuru, un cardiologue et expert en édition du génome à l’Université de Pennsylvanie, et Rebecca Ahrens-Nicklas, spécialiste des maladies du métabolisme au Children’s Hospital of Philadelphia, ont élaboré un protocole d’essai permettant de tester une plateforme médicamenteuse personnalisable pour chaque patient.
Développer des traitements à plus grande échelle
Le nouveau protocole de la FDA relatif aux « mécanismes plausibles » permettra aux scientifiques de tester la technologie CRISPR pour le traitement par thérapie génique personnalisée des troubles du cycle de l’urée liés à l’un des sept gènes concernés. Le mécanisme restera inchangé, mais l’injection administrée à chaque patient sera adaptée à sa mutation génétique spécifique.
Leur objectif est de démontrer aux entreprises pharmaceutiques que le développement de thérapies contre les maladies rares est possible à plus grande échelle. Ils ont publié des détails de leurs échanges avec la FDA dans l’American Journal of Human Genetics[1].
« Mener un essai pour chacun de ces sept médicaments serait prohibitif », explique le Dr Musunuru. Les chercheurs prévoient de conserver les « éléments clés » du traitement : la technologie CRISPR identifiera l’anomalie génétique, et les patients recevront un traitement contenant des fragments d’ADN pour la corriger. Le gène ciblé dépendra de la pathologie spécifique de chaque patient.
La réglementation actuelle, « contraignante et inutilement exigeante » ?
Dans un article du New England Journal of Medicine[2] présentant leur plan, le commissaire de la FDA, Marty Makary, et Vinay Prasad, directeur médical et scientifique de l’agence, ont cité la thérapie génique de KJ Muldoon comme exemple de la manière dont ils espèrent que le nouveau protocole permettra d’étendre son application à un plus grand nombre de patients (cf. Un bébé traité par une thérapie CRISPR « personnalisée »).
La thérapie de KJ a initialement été approuvée par la FDA selon une procédure d’examen accélérée d’une semaine, conçue pour un seul patient, généralement atteint d’une pathologie extrêmement rare et gravement malade.
Pour Marty Makary, et Vinay Prasad, « la réglementation actuelle est contraignante et inutilement exigeante », ce qui protégerait insuffisamment les patients selon eux et freinerait l’innovation (cf. Myopathie de Duchenne : la FDA restreint l’accès d’une thérapie génique). D’après ces membres de la FDA, « près de 30 ans après le séquençage du génome humain, les thérapies sur mesure sont presque une réalité ».
[1] Rebecca C. Ahrens-Nicklas et al, How to create personalized gene editing platforms: Next steps toward interventional genetics, The American Journal of Human Genetics (2025). DOI: 10.1016/j.ajhg.2025.10.006
[2] Vinay Prasad et al, FDA’s New Plausible Mechanism Pathway, New England Journal of Medicine (2025). DOI: 10.1056/nejmsb2512695
Source de la synthèse de presse : Medical Xpress, Sarah Gantz (14/11/2025)