« My Voice, My Choice » : le Parlement européen vote le financement d’un « tourisme abortif » au mépris des traités fondateurs

Publié le 17 décembre 2025
« My Voice, My Choice » : le Parlement européen vote le financement d’un « tourisme abortif » au mépris des traités fondateurs
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Mercredi 17 décembre, le Parlement européen a adopté la résolution « My Voice, My Choice » qui réclame la mise en place d’un « mécanisme » qui permettrait « à toute personne résidant dans l’Union qui n’a toujours pas accès à un avortement sûr et légal » d’aller avorter dans un autre Etat. Un « tourisme de l’avortement » qui serait financé par l’Union européenne et les citoyens des Etats membres, « sur la base du volontariat ».

« Le Parlement européen a choisi l’idéologie plutôt que le droit »

« On ne doit pas faire intervenir l’UE pour ce qui concerne la compétence des Etats membres », a pourtant rappelé le député européen François-Xavier Bellamy[1]. « Avec 358 voix pour, 202 contre et 79 abstentions, ce vote représente un grave abus idéologique et un troublant mépris des traités de l’UE, qui établissent clairement que la politique en matière d’avortement relève exclusivement de la compétence des États membres », abonde la Fédération européenne One of Us[2].

« En soutenant cette résolution, le Parlement européen a choisi l’idéologie plutôt que le droit et le message politique plutôt que la responsabilité juridique », poursuit-elle. Des résolutions alternatives issues des groupes PPE et ECR avaient à l’inverse tenté de réaffirmer la subsidiarité, le respect de la souveraineté nationale et les limites juridiques de l’UE.

L’avortement ne peut pas être présenté comme une « valeur européenne »

L’avortement n’est en effet pourvu d’aucune base juridique en tant que droit fondamental ou droit de l’Homme, que ce soit en vertu du droit européen ou international, rappelle One of Us. « Il n’est inscrit dans aucun traité contraignant relatif aux droits de l’Homme et n’est pas reconnu dans les traités européens ni dans la Charte des droits fondamentaux. Il ne peut donc être présenté comme une valeur européenne », insiste la Fédération.

C’est même le contraire. Les valeurs fondatrices de l’Union exigent le respect de la dignité humaine et la protection de la vie, qui doivent rester au cœur du projet européen. L’initiative One of Us est d’ailleurs celle qui a rassemblé le plus de signatures dans toute l’histoire de l’UE : plus de 1,7 validées par la Commission. « My Voice, My Choice » en affiche 1,12 et la Commission européenne s’est engagée à l’examiner avant le mois de mars prochain. Rien ne l’oblige à la transformer en acte juridique européen. La Commission choisira-t-elle, elle, de résister à la pression militante pour rester fidèle aux traités qui fondent l’Europe ?

[1] AFP (17/12/2025)

[2] One of us, communiqué de presse (17/12/2025)