Pays-Bas : la Chambre basse autorise la création d’embryons pour la recherche

Publié le 18 décembre 2025
Pays-Bas : la Chambre basse autorise la création d’embryons pour la recherche
© iStock - andresr

La Tweede Kamer, la Chambre basse du parlement néerlandais, a approuvé le 16 décembre une proposition de loi qui lève l’interdit d’utiliser des embryons « cultivés spécifiquement » pour la recherche scientifique. Ses promoteurs entendent « améliorer » les procédures de fécondation in vitro et permettre la détection précoce de maladies héréditaires. Actuellement la recherche est « restreinte » aux embryons issus de fécondation in vitro (cf. Accepter un « double don » de gamètes, refuser un « don d’embryon »).

« Le sujet étant sensible pour certains partis », le ChristenUnie a demandé un vote nominatif : chaque membre du parlement s’est prononcé individuellement sur la proposition.

La vie humaine traitée comme « un simple matériau d’expérimentation »

La plupart des démocrates-chrétiens ont voté en faveur du texte (cf. Pays-Bas : une majorité parlementaire se dessine pour autoriser la fabrication d’embryons pour la recherche). A l’issue du vote, le CDA a publié sur son site web une explication détaillée des raisons pour lesquelles ses membres se sont prononcés ainsi. « Nous reconnaissons que cette loi peut être en contradiction avec le caractère sacré de la vie humaine dès sa conception. Cependant, nous pensons également que, lorsqu’elle est appliquée avec une extrême prudence, la prévention de souffrances graves et le sauvetage de vies humaines peuvent l’emporter sur ces préoccupations », considèrent-ils.

« Cette loi ouvre une porte, et nous ne pouvons pas prédire entièrement ce qui en ressortira », défend au contraire Mirjam Bikker, du ChristenUnie. La proposition « traite la vie humaine précoce comme un simple matériau d’expérimentation » déplore également Diederik van Dijk, du SGP.

« La fin ne justifie pas les moyens »

L’Association néerlandaise des patients (NPV) a elle aussi exprimé sa déception face à ce vote. Son directeur Bert-Jan Heusinkveld souligne : « Cela marque un tournant. La vie est cultivée à des fins instrumentales. L’accent n’est plus mis sur la vie de l’embryon elle-même, mais sur son rôle dans la recherche scientifique ».

Bien que les objectifs de la recherche, tels que la prévention des maladies héréditaires, puissent être louables, « la fin ne justifie pas les moyens », rappelle-t-il.

Approuvée par 90 députés contre 59, la proposition de loi doit à présent être examinée par le Sénat.

Sources de la synthèse de presse : NL Times, ANP (16/12/2025) ; Dutch news (16/12/2025)