Refusés par Dignitas, acceptés par Pegasos : un couple de nonagénaires se suicide en Suisse
Une survivante de l’Holocauste et son mari eu recours au suicide assisté dans une clinique suisse. Ruth Posner, 96 ans, avait fui le ghetto de Varsovie, arrivant Royaume-Uni à l’âge de 16 ans après que toute sa famille a été tuée dans le camp de concentration de Treblinka. Seules elle et sa tante avaient survécu.
Danseuse, actrice, auteur et témoin de l’Holocauste, elle avait reçu la British Empire Medal, une « distinction très prestigieuse » décernée aux personnes reconnues « pour leur contribution à la société ».
Une annonce faite par email
« Chère famille et chers amis, nous sommes désolés de ne pas vous en avoir parlé, mais lorsque vous recevrez cet e-mail, nous nous serons « débarrassés de ce joug mortel »[1] ».
Ruth et son conjoint Michael, 97 ans, avaient programmé l’envoi d’un courriel à leurs proches après leur décès (cf. « Pourquoi sauvons-nous ceux qui ont tenté de se suicider et non les candidats au suicide assisté ? »).
Une décision vraiment libre ?
Le couple veut ainsi expliquer son geste : « Il est arrivé un moment où la perte des sens, de la vue et de l’ouïe, et le manque d’énergie ne nous permettaient plus de vivre, mais seulement d’exister, et aucun soin ne pouvait améliorer notre situation » (cf. Euthanasies en hausse, augmentation des « polypathologies » : la Commission de contrôle belge rend son rapport bisannuel).
Dans leur message, ils affirment que cette décision est « commune et sans aucune pression extérieure ». Pourtant, une amie de Ruth Posner considérant qu’elle était « contrôlée par son mari », craint que Michael ait décidé pour eux deux de mettre fin à leurs jours (cf. Euthanasie « en duo » : il met fin à ses jours, elle, « entourée », change d’avis).
Des personnes âgées, sans pronostic vital engagé
Aucun des deux n’avait reçu de certificat médical attestant qu’il leur restait moins de six mois à vivre, « ce qui est exigé par de nombreuses cliniques pratiquant le suicide assisté ».
Refusés pour ce motif par la clinique Dignitas à Zurich, ils se sont rendus la clinique Pegasos près de Bâle. Cet établissement ne leur a pas réclamé ces certificats (cf. Deux sœurs « en parfaite santé » se suicident en Suisse ; Suicide assisté en Suisse : pas de réglementation mais des chiffres à suivre).
[1] D’après Hamlet. Ruth Posner avait été membre de la Royal Shakespeare Company
Sources de la synthèse de presse : The Independent, Maira Butt (26/09/2025) ; BBC, Ewan Somerville (26/09/2025) ; The Times (26/09/2025) ; The Jerusalem Post (27/09/2025)