Suicide assisté en Suisse : pas de réglementation mais des chiffres à suivre
Le 11 septembre, le Sénat suisse a rejeté une motion de sa commission des affaires juridiques visant à règlementer le suicide assisté, par 22 voix contre 16 et 8 abstentions. En revanche, il a approuvé celle en faveur de la « surveillance » du recours au suicide assisté par 24 voix contre 7 et 3 abstentions. Le Sénat a en effet estimé qu’il était important « d’enregistrer les chiffres » (cf. Suicide assisté : le Conseil des Etats suisse réclame une réglementation-cadre).
Ces deux motions ont été motivées par la première utilisation de la capsule de suicide Sarco (cf. Un premier suicide avec la capsule Sarco). La sénatrice Heidi Z’graggen, du Parti du centre, a expliqué au nom de la commission que les auditions avaient révélé « des lacunes en matière de sécurité juridique, de transparence et de protection des personnes vulnérables » (cf. Suicide assisté en Suisse : des flacons de pentobarbital « dans la nature » ?).
La ministre de l’Intérieur Elisabeth Baum-Schneider s’est opposée à ces propositions. Selon elle, le code pénal actuel est « suffisant » : le suicide assisté est interdit, « sauf pour des motifs altruistes ». Le sénateur Daniel Jositsch, du Parti socialiste, a rappelé qu’un cadre légal avait déjà été discuté il y a dix ans et avait été abandonné. « Des raisons philosophiques et juridiques avaient été déterminantes. » (cf. « Tourisme du suicide » : une infirmière suisse condamnée)
Source de la synthèse de presse : SwissInfo (11/09/2025)