Remplacer un gène dans sa totalité ? Un nouvel outil d’« assemblage » pour « réécrire un chapitre »
Des chercheurs ont mis au point une nouvelle technologie permettant d’insérer un long segment d’ADN dans un génome, « ce qui pourrait élargir le champ d’application de la thérapie génique, passant de la neutralisation des mutations pathogènes au remplacement d’un gène entier », affirment-ils. Ils ont publié leurs travaux dans la revue Nature[1].
« Supprimer un paragraphe et le remplacer par un nouveau – voire réécrire un chapitre »
Les scientifiques ont perfectionné la technique du « prime editing » en insérant de l’ADN qui se fixe au génome grâce à une série de « rabats » qui se chevauchent (cf. Les « prime editors » : éditer sans « couper »). Cette méthode, qu’ils appellent « Prime Assembly », permet d’éviter la cassure double brin de l’ADN, une cause de toxicité qui peut être à l’origine de la mort des cellules (cf. CRISPR-Cas 9 : une « perte chromosomique » répandue lors de l’édition des lymphocytes T humains).
« Grâce à cette méthode, nous procédons à un assemblage du génome plutôt qu’à une simple modification d’un gène », explique Bin Liu, maître de conférences en biochimie et pharmacologie à la faculté de médecine de l’université d’Etat de l’Ohio et co-auteur de l’étude. « Si l’on considère le génome comme un livre, on peut supprimer un paragraphe et le remplacer par un nouveau — voire réécrire un chapitre. »
Bientôt des essais in vivo
En travaillant sur des cellules de mammifères, les chercheurs ont démontré que cette technique permet d’insérer « efficacement » un segment d’ADN contenant jusqu’à 11 000 paires de bases. Les méthodes alternatives ne peuvent insérer qu’environ 800 paires de bases avec succès.
Il reste encore à déterminer le meilleur vecteur pour acheminer l’éditeur. Des tests visant à évaluer l’efficacité de l’édition in vivo sont déjà prévus dans le laboratoire de Bin Liu en collaboration avec l’Institut de thérapie génique de l’Ohio State University, notamment avec l’ophtalmologiste Tom Mendel.
[1] Bin Liu et al, Prime assembly with linear DNA donors enables large genomic insertions, Nature (2026). DOI: 10.1038/s41586-026-10460-4
Source de la synthèse de presse : Phys.org, Emily Caldwell, The Ohio State University (29/04/2026)