« Réparer » un organe avant de le transplanter ? Des organoïdes humains combinés à des reins de porc

Publié le 14 novembre 2025
« Réparer » un organe avant de le transplanter ? Des organoïdes humains combinés à des reins de porc
© iStock - Wavebreakmedia

Une équipe dirigée par l’Institut de bioingénierie de Catalogne (IBEC) en collaboration avec l’Institut de recherche biomédicale de La Corogne (INIBIC), ainsi qu’avec d’autres groupes de recherche internationaux, a mis au point une technique qui rend possible la production d’organoïdes rénaux humains « de manière flexible ».

Cette méthode qui fait appel à des techniques de « microagrégation » et de génie génétique, permet en effet de combiner les organoïdes humains avec des reins de porc hors du corps, puis de les transplanter à nouveau dans le même animal, « afin d’évaluer leur viabilité ». Les chercheurs ont publié cette étude dans la revue Nature Biomedical Engineering[1]

Des expériences ex vivo et in vivo

Hors du corps, les organoïdes rénaux humains combinés à des reins de porcs étaient connectés à des machines de perfusion normothermique. Ces appareils sont utilisés dans les blocs opératoires pour « maintenir les organes en vie et oxygénés » à l’extérieur du corps avant une transplantation. Ils ont permis à l’équipe de surveiller l’intégration des organoïdes dans les reins de porc, et leur fonctionnement « en temps réel ».

Les expériences ont été réalisées à la fois ex vivo (en dehors de l’organisme) et in vivo (dans le même animal), à l’aide d’un « modèle de transplantation porcine très similaire au rein humain ».

De premiers résultats positifs

L’équipe a observé que, 24 et 48 heures après la transplantation, les organoïdes humains restaient intégrés dans le tissu rénal porcin. Ils ont conservé leur viabilité et n’ont déclenché aucune réponse immunitaire « significative ». Le rein transplanté a continué à fonctionner normalement et aucun signe de lésion ou de toxicité n’a été observé.

« L’objectif à long terme est de pouvoir régénérer ou réparer un organe avant la transplantation », explique le Dr Montserrat.

[1] Systematic production of human kidney organoids for transplantation in porcine kidneys during ex vivo machine perfusion, Nature Biomedical Engineering (2025). DOI: 10.1038/s41551-025-01542-1

NDLR : Pour mener cette recherche, les scientifiques ont utilisé des cellules souches iPS mais également des cellules souches embryonnaires humaines. Issues d’embryons « surnuméraires » fabriqués au cours de procédures de fécondation in vitro, leur « prélèvement » conduit à la destruction des embryons dont elles proviennent.

Source de la synthèse de presse : Medical Xpress, Institute for Bioengineering of Catalonia (31/10/2025)