« Réparer » un organe avant de le transplanter ? Des organoïdes humains combinés à des reins de porc
Une équipe dirigée par l’Institut de bioingénierie de Catalogne (IBEC) en collaboration avec l’Institut de recherche biomédicale de La Corogne (INIBIC), ainsi qu’avec d’autres groupes de recherche internationaux, a mis au point une technique qui rend possible la production d’organoïdes rénaux humains « de manière flexible ».
Cette méthode qui fait appel à des techniques de « microagrégation » et de génie génétique, permet en effet de combiner les organoïdes humains avec des reins de porc hors du corps, puis de les transplanter à nouveau dans le même animal, « afin d’évaluer leur viabilité ». Les chercheurs ont publié cette étude dans la revue Nature Biomedical Engineering[1]
Des expériences ex vivo et in vivo
Hors du corps, les organoïdes rénaux humains combinés à des reins de porcs étaient connectés à des machines de perfusion normothermique. Ces appareils sont utilisés dans les blocs opératoires pour « maintenir les organes en vie et oxygénés » à l’extérieur du corps avant une transplantation. Ils ont permis à l’équipe de surveiller l’intégration des organoïdes dans les reins de porc, et leur fonctionnement « en temps réel ».
Les expériences ont été réalisées à la fois ex vivo (en dehors de l’organisme) et in vivo (dans le même animal), à l’aide d’un « modèle de transplantation porcine très similaire au rein humain ».
De premiers résultats positifs
L’équipe a observé que, 24 et 48 heures après la transplantation, les organoïdes humains restaient intégrés dans le tissu rénal porcin. Ils ont conservé leur viabilité et n’ont déclenché aucune réponse immunitaire « significative ». Le rein transplanté a continué à fonctionner normalement et aucun signe de lésion ou de toxicité n’a été observé.
« L’objectif à long terme est de pouvoir régénérer ou réparer un organe avant la transplantation », explique le Dr Montserrat.
[1] Systematic production of human kidney organoids for transplantation in porcine kidneys during ex vivo machine perfusion, Nature Biomedical Engineering (2025). DOI: 10.1038/s41551-025-01542-1
NDLR : Pour mener cette recherche, les scientifiques ont utilisé des cellules souches iPS mais également des cellules souches embryonnaires humaines. Issues d’embryons « surnuméraires » fabriqués au cours de procédures de fécondation in vitro, leur « prélèvement » conduit à la destruction des embryons dont elles proviennent.
Source de la synthèse de presse : Medical Xpress, Institute for Bioengineering of Catalonia (31/10/2025)