Soins palliatifs : des besoins souvent non satisfaits, et en croissance

Publié le 23 juillet 2026
Soins palliatifs : des besoins souvent non satisfaits, et en croissance
© iStock - Jacob Wackerhausen

Le Centre national des soins palliatifs et de la fin de vie (CNSPFV) vient de publier l’édition 2026 de son « Atlas des soins palliatifs et de la fin de vie en France »[1]. Le cinquième plan de développement des soins palliatifs et de l’accompagnement de la fin de vie, couvrant la période 2021-2024, s’est achevé pour laisser la place à un « plan décennal » (cf. Soins palliatifs : un premier bilan de la stratégie décennale). Cet atlas a pour objectif de « dresser un état des lieux de l’offre et de l’activité en matière de soins palliatifs et d’accompagnement de la fin de vie » en 2024 et d’« estimer, par les données disponibles, les besoins de la population ».

Des décès qui interviennent le plus souvent à l’hôpital

En 2024, près de 643.200 décès ont été recensés, soit un taux brut de mortalité de près de 9,4 pour 1.000 habitants.

La majorité des décès a lieu dans un établissement hospitalier, soit 52% d’entre eux. 29% des décès ont lieu au domicile, 16% en maison de retraite ou EHPAD.

Parmi les 383 299 personnes décédées à l’hôpital, 173 958 sont décédées sous le codage « soins palliatifs ». Ce qui représente près de 45 % des décès hospitaliers. L’âge moyen de ces personnes était de 77,3 ans. La durée moyenne d’hospitalisation des personnes ayant reçu un codage « soins palliatifs » était de 30,7 jours.

Le nombre de séjours et de décès en unité de soins palliatifs (USP) et lits identifiés soins palliatifs (LISP) sont en augmentation. Si l’on prend en compte les deux dispositifs, on compte 159.293 séjours en soins palliatifs en 2023, et 175.419 séjours en 2024. L’année 2023 a vu 75.558 décès dans ces structures, et leur nombre était de 79.902 l’année suivante.

Des inégalités territoriales et une offre d’équipes mobiles qui stagne

L’atlas 2026 a comptabilisé 8.666 lits hospitaliers en soins palliatifs pour l’année 2025, soit 12,5 lits de soins palliatifs pour 100.000 habitants. Un chiffre qui se partage entre 3,1 lits en unité de soins palliatifs (USP) et 9,5 lits identifiés soins palliatifs (LISP).

L’atlas ne recense aucune unité de soins palliatifs dans le Jura, la Haute-Saône, l’Eure et Loire, l’Indre, la Haute Marne, la Meuse, les Vosges, la Corrèze, la Creuse, le Gers, la Lozère, les Pyrénées Orientales, le Tarn et Garonne, la Mayenne, la Sarthe, la Vendée, la Guadeloupe et à Mayotte. Mais le CNSPFV assure que « les départements n’ayant pas d’USP ont pour la majorité une offre en LISP bien développée ». On l’observe en effet pour certains départements, mais d’autres territoires sont sous-dotés à la fois en USP et en LISP : ils comptent moins de 2,2 lits en USP et moins de 8 LISP pour 100.000 habitants. C’est ainsi le cas des départements de la Seine-et-Marne, du Val-d’Oise, de l’Essonne, de l’Ardèche, de l’Isère, du Jura, du Var, de la Guadeloupe, et de la Réunion auxquels s’ajoutent Mayotte. A Mayotte, on ne recense ni lit en USP, ni aucun LISP.

L’étude a par ailleurs dénombré 438 équipes mobiles de soins palliatifs (EMSP). Entre 2006 et 2013, leur nombre a considérablement augmenté, passant de 288 à 431. Or depuis 2013, il stagne, en 2024 et 2025 ce chiffre n’était ainsi que de 438.

Enfin, on comptait 25 équipes régionales de recours en soins palliatifs pédiatriques (ERRSPP) fin 2024, avant la création de l’ERRSPP de Guyane en 2025.

Des besoins en croissance

Dans une estimation publiée en 2023[2], la Cour des Comptes a estimé qu’en 2017, 365.273 personnes auraient eu besoin de soins palliatifs. Pourtant, seules 175.247 d’entre elles sont décédées dans un lit avec une mention « palliatif » à l’hôpital, soit 48 % des patients ayant besoin de recevoir ces soins[3]. Selon une projection de la Cour « près de 470 000 personnes auront besoin d’une prise en charge palliative en 2045 »[4].

Des chiffres qui interrogent alors qu’un « droit à l’aide à mourir » a été adopté par les députés en lecture définitive. Après avoir refusé d’inclure comme condition d’accès à la procédure d’avoir pu accéder aux soins palliatifs si le patient le souhaite (cf. « Une sorte de triomphe de la liberté » « au détriment de la protection des plus fragiles » : les députés terminent la nouvelle lecture du texte sur l’« aide à mourir »).

[1] Centre national des soins palliatifs et de la fin de vie (CNSPFV), Atlas des soins palliatifs et de la fin de vie en France, 4e édition, 2026

[2] Rapport de la Cour des Comptes : Les soins palliatifs, juillet 2023 : https://www.ccomptes.fr/fr/publications/les-soins-palliatifs

[3] ce chiffre ne prend pas en compte les soins palliatifs éventuellement reçus hors de l’hôpital

[4] « année à partir de laquelle le besoin en soins palliatifs deviendrait décroissant selon leur projection »