Un implant pour traiter les tumeurs cérébrales « en temps réel »
Coherence Neuro, une start-up liée à Neuralink, a lancé les tests cliniques d’un implant cérébral destiné à détecter les tumeurs cérébrales, suivre leur évolution en temps réel et freiner leur évolution. L’entreprise a d’abord testé, avec succès, la sécurité du dispositif sur trois patients du Royal Melbourne Hospital, en Australie. L’implant est resté en place pendant 30 minutes au cours d’une intervention chirurgicale pour l’ablation d’une tumeur cérébrale.
« Un problème de réseau au sein du cerveau »
De la taille d’une pièce de monnaie, l’implant mesure l’activité électrique des tissus cancéreux. Il doit également traiter les tumeurs par stimulation électrique. Les scientifiques de Coherence Neuro s’appuient sur des études qui ont montré que les tissus cancéreux présentaient des propriétés électriques distinctives. « Il s’agit de troubles électriques, tout comme l’épilepsie ou la dépression. C’est un problème de réseau au sein du cerveau », explique Ben Woodington, PDG et cofondateur de Coherence (cf. Feu vert de la FDA : un implant cérébral pour traiter la dépression bientôt testé sur l’homme).
L’observation de l’activité électrique des tissus cancéreux
En 2019, des chercheurs de l’université de Stanford ont découvert que des cellules de tumeurs cérébrales, les gliomes de haut grade, se multipliaient en formant des synapses qui se relient à des neurones sains. Ainsi mêlés au réseau neuronal, les tissus cancéreux échangent des signaux électriques avec les neurones sains. Les cellules malignes communiquent entre elles avec des signaux d’un autre type, dont l’amplification entraîne la multiplication des cellules cancéreuses.
Les scientifiques ont décidé d’agir sur cette activité électrique accrue en administrant aux souris un traitement anti-épileptiques. Ils ont alors constaté une baisse de la prolifération des tissus cancéreux d’environ 50%[1].
Ajuster le traitement de la tumeur en temps réel
Le dispositif développé est une interface cerveau-ordinateur. Il comprend un implant cérébral qui surveille les signaux électriques subtils émis par les tumeurs et qui émet lui-même une stimulation électrique destinée à freiner leur croissance. Les médecins peuvent suivre l’évolution de la tumeur en temps réel et ajuster le traitement à distance.
Dans un premier temps, l’entreprise prévoit de traiter le glioblastome, qui présente un risque de récidive plus élevé que d’autres tumeurs de grade inférieur et dont le taux de survie à cinq ans est inférieur à 10 %.
Une entreprise liée à Elon Musk
Matthew MacDougall, conseiller et investisseur auprès de Coherence Neuro, est également neurochirurgien en chef de Neuralink, l’entreprise d’implants cérébraux fondée et dirigée par Elon Musk (cf. Neuralink : Elon Musk annonce une troisième implantation ; « Psychopolitique » : les implants cérébraux, outils d’une nouvelle forme de pouvoir ?).
[1] Erin Digitale, Brain tumors form synapses with healthy neurons, Stanford-led study finds, Stanford Medicine News (18/09/2019)
Sources de la synthèse de presse : Wired, Emily Mullin (23/06/2026) ; Inc, Chloe Aiello (23/06/2026)