Un trafic d’ovocytes démantelé en Turquie
En Turquie, les autorités ont démantelé ce qui pourrait être un réseau de trafic d’ovocytes avec des ramifications en Chypre du nord (territoire sous contrôle turc), Albanie et Géorgie. Des opérations de police coordonnées ont permis l’arrestation de 36 suspects dans 14 provinces turques. L’organisation aurait généré l’équivalent de 2 millions d’euros.
De 60 à 80 euros par ovocyte vendu
Un total de 53 personnes impliquées a été identifié : une femme, chef présumé du réseau, 5 de ses associés, 2 gynécologues, 4 organisateurs et 41 femmes qui auraient vendu leurs ovocytes. Le nombre de transactions cumulées s’élève à 811, avec des déplacements réguliers de ces femmes de Turquie vers l’Albanie et la Géorgie. Agées de 22 à 23 ans pour la plupart, elles recevaient une rémunération de 60 à 80 euros par ovocyte vendu. Les gamètes prélevés étaient ensuite revendus à des cliniques de fertilité pour un montant de 100 euros chacun (cf. En Grèce, une clinique de fertilité au cœur d’un réseau de trafic de gamètes et de traite des êtres humains).
Le « recrutement » de jeunes femmes turques
L’investigation menée par le parquet d’Istanbul repose sur la surveillance des déplacements en avion des personnes susceptibles d’appartenir au réseau, la collecte de leurs données bancaires et des enregistrements téléphoniques. Les enquêteurs ont mis au jour un réseau de « recrutement » de femmes turques envoyées dans des cliniques en Chypre du nord notamment, puis soumises à des traitements hormonaux et à la collecte de leurs ovocytes (cf. En Colombie, des « donneuses d’ovocytes » également victimes d’exploitation sexuelle).
Un trafic lucratif dans un contexte d’interdiction du don de gamètes
L’enquête a aussi révélé l’identité de Hacer T., qui serait à la tête du réseau après s’être elle-même livrée à la commercialisation de ses gamètes à partir de 2020. Les suspects qui ont été arrêtés vont à présent être jugés pour « association de malfaiteurs » et « trafic de produits du corps humain ».
La Turquie interdit à la fois la vente et le don de gamètes. La fécondation in vitro y est légale, mais elle ne concerne que les couples mariés et ils doivent avoir recours à leurs propres ovocytes et spermatozoïdes (cf. Bien qu’interdite en Turquie, la gestation par autrui prospère via Internet).
Sources de la synthèse de presse : Phile News (19/10/2026) ; Politis (20/10/2026) ; Daily News (20/10/2026) ; Bianet, Bia News Desk (20/10/2026)