Un utérus humain a été maintenu « vivant », hors du corps, pendant 24 heures
Des chercheurs sont parvenus à maintenir « vivant » un utérus hors du corps d’une femme pour la première fois. Leur objectif est d’étudier les troubles utérins, les premiers stades de la grossesse – en particulier l’implantation de l’embryon – et, « potentiellement », de parvenir à faire grandir des fœtus hors du corps.
Des travaux qui ont débuté chez la brebis
Le dispositif ressemble à une boite en métal couverte de tubes en plastique flexibles qui jouent le rôle de veines et d’artères. A sa surface est disposée une cuve contenant un utérus humain. Javier González, le chercheur en sciences biomédicales ayant mis au point le dispositif avec ses collègues de la Fondation Carlos Simon, à Valence, l’a connecté aux tubes du système et l’a irrigué avec du sang humain. L’utérus est resté « en vie » pendant une journée.
Pour parvenir à leurs fins, les scientifiques se sont inspirés des développements obtenus dans le cadre de dons d’organes (cf. La « ressuscitation partielle », un nouveau protocole de prélèvement d’organes). Ils ont d’abord testé leur prototype sur des utérus de brebis. Des travaux débutés il y a 4 ans. Leurs derniers résultats n’ont pas encore fait l’objet d’une publication scientifique.
De l’endométriose aux « modèles embryonnaires »
Les chercheurs visent dans un premier temps une durée de 28 jours, afin d’être en mesure d’observer un cycle menstruel dans sa totalité et de pouvoir étudier des pathologies comme l’endométriose.
A plus long terme, pour étudier l’implantation de l’embryon, ils projettent de recourir à des « modèles embryonnaires » obtenus à partir de cellules souches (cf. Embryoïdes : l’ABM propose une « troisième voie » pour « encadrer » les recherches). Utiliser des embryons humains serait « franchir une frontière éthique », déclare Javier González (cf. Recherche sur l’embryon : l’ISSCR joue sur les mots).
Une future « Mère » ?
Bien que le nom officiel de leur dispositif soit PUPER pour « préservation de l’utérus par perfusion »[1], Xavier Santamaria, qui fait également partie de l’équipe, confesse que les chercheurs l’ont surnommé « Mère ». Ils espèrent que les futures versions de leur système pourront un jour permettre une grossesse humaine complète, « de l’embryon au nouveau-né ».
C’est l’ambition de Carlos Simon, le fondateur de l’institution. « Cela pourrait offrir une nouvelle voie vers la parentalité aux personnes qui n’ont pas d’utérus par exemple, considère-t-il, ou qui ne peuvent pas concevoir pour d’autres raisons. » (cf. Greffe d’utérus sur des femmes transgenres : « Sur le plan technique chirurgical, ce n’est pas difficile »). Il reconnait toutefois le caractère « futuriste » de son projet : « Je ne sais pas si nous finirons par avoir des grossesses à l’intérieur de l’utérus, hors du corps, mais au moins nous sommes prêts à comprendre toutes les étapes pour y parvenir », affirme-t-il. « Il faut bien commencer quelque part. »
[1] « preservation of the uterus in perfusion »
Source de la synthèse de presse : MIT technology review, Jessica Hamzelou (28/03/2026)