« Une démocratie mature ne légifère pas sur la mort à la hâte »
« On ne vote pas sur un concept » « On vote sur des actes. Sur des choix irréversibles. Sur des conséquences humaines, sociales, médicales. » Dans une tribune publiée par le JDD, 11 députés de différents groupes politiques parmi lesquels l’ancien ministre de la Santé Yannick Neuder[1] dénoncent le calendrier précipité de l’examen des deux propositions de loi relatives à la fin de vie. [La commission des Affaires sociales débute en effet ses travaux dès ce mercredi 4 février, NDLR].
« Légiférer vite n’est pas légiférer mieux »
« Moins d’une semaine après le rejet du texte par le Sénat, l’Assemblée nationale s’apprête déjà à le réexaminer en seconde lecture ». « Trois jours de débats en commission. Cinq jours en hémicycle », soulignent les députés. « Moins de soixante-douze heures pour relire, comprendre, amender un texte qui engage notre rapport au soin, à la vulnérabilité et à la mort. C’est une méthode indigne de l’enjeu », s’insurgent-ils. « Légiférer vite n’est pas légiférer mieux. »
Or « tout indique pourtant une accélération assumée », constatent les signataires de la tribune. « L’objectif est clair : faire adopter le texte avant la fin février », avant les élections municipales. Mais « depuis quand la rapidité serait-elle un argument lorsqu’il s’agit d’une loi irréversible ?, interrogent-ils. Depuis quand le calendrier devient-il plus important que la conscience ? » Une « précipitation » « d’autant plus choquante qu’elle ne répond à aucune urgence populaire », rappellent les élus.
Une démocratie mature « ne confond pas urgence politique et urgence humaine »
« Nous savons ce que produit la précipitation : un débat abimé, des amendements balayés, des doutes disqualifiés, des voix médicales et éthiques méprisées. Nous l’avons déjà vu. Et tout indique que cela se reproduira », redoutent les députés.
« Une démocratie mature ne légifère pas sur la mort à la hâte, interpellent-ils. Elle ne confond pas urgence politique et urgence humaine. Elle ne sacrifie pas l’éthique sur l’autel du calendrier. »
[1] Justine Gruet, députée du Jura (Droite Républicaine), Patrick Hetzel, député du Bas-Rhin (Droite Républicaine), Pr Philippe Juvin, député des Hauts-de-Seine (Droite Républicaine), Thibault Bazin, député de Meurthe-et-Moselle (Droite Républicaine), Yannick Neuder, député de l’Isère (Droite Républicaine), Annie Vidal, députée de Seine-Maritime (Ensemble pour la République), Maud Petit, députée du Val-de-Marne (Les Démocrates), Constance Le Grip, députée des Hauts-de-Seine (Ensemble pour la République), Marie-Agnès Poussier-Winsback, députée de Seine-Maritime (Horizons & Indépendants), Romain Daubié, député de l’Ain (Les Démocrates), Charles Sitzenstuhl, député du Bas-Rhin (Ensemble pour la République)
Source de la synthèse de presse : Le JDD (01/02/2026)