Anthropic se lance dans la biologie expérimentale et attend ses premiers résultats concrets

Publié le 29 septembre 2026
Anthropic se lance dans la biologie expérimentale et attend ses premiers résultats concrets
© iStock - herstockart

Anthropic vient d’annoncer la création d’un « laboratoire humide »[1], c’est-à-dire un lieu où sont menées non pas des calculs sur ordinateur, mais des expériences à l’aide d’échantillons biologiques et d’équipements physiques, dans la baie de San Francisco.

Le 23 septembre, Anthropic annonçait « les premiers résultats d’un programme de recherche » : « Claude a découvert de manière autonome un nouveau système enzymatique associé à un ensemble de répétitions d’ADN, selon un motif qui rappelle CRISPR » [2]. (cf. Bientôt des traitements et vaccins conçus entièrement par IA ?).

Anthropic crée son propre laboratoire de biologie fondamentale

L’entreprise prévoit de mener des recherches en biologie par IA, « prolongées par des vérifications sur des échantillons biologiques réels ». Ces expériences seront elles-mêmes automatisées grâce à l’utilisation de Claude. Un porte-parole a précisé que le laboratoire d’Anthropic se consacrerait à la biologique fondamentale plutôt qu’à la conception de médicaments.

Le site web de l’entreprise indique : « Notre travail se concentre sur l’exploration de bases de données contenant des séquences d’ADN, dans le but d’identifier des familles de protéines inconnues, de générer des hypothèses à grande échelle puis de les tester par des expériences en laboratoire ».

En avril, Anthropic a recruté Vas Narasimhan, directeur général du laboratoire pharmaceutique Novartis, dans son conseil d’administration. L’entreprise a en outre racheté à la même période la start-up de biotechnologie Coefficient Bio (cf. Une IA générative à l’origine du génome d’un nouveau virus).

La découverte d’un « système enzymatique encore inconnu »

Anthropic a mobilisé 950 « agents Claude » pour explorer des séquences génétiques à très grande échelle, et plus exactement 200.000 transcriptases inverses (RT), à la recherche de systèmes biologiques encore inconnus. Les transcriptases inverses sont des enzymes qui permettent la transcription d’ARN en ADN. Après 21 heures de calcul, Claude a identifié une vingtaine d’organisations moléculaires « atypiques » qui mériteraient à ce titre une analyse approfondie.

Les chercheurs se sont concentrés sur un système composé de trois éléments : une transcriptase inverse, un gène partenaire et une série de séquences d’ADN répétées, constituées d’unités d’environ 200 nucléotides.

Un système d’enzymes similaire à CRISPR, mais dont la fonction potentielle reste inconnue

L’ADN situé à proximité de l’enzyme présentait une longue série de séquences répétées et régulièrement espacées qui évoquait les « ciseaux génétiques » CRISPR (cf. CRISPR : des taux de cholestérol toujours réduits au bout d’un an).

Claude a-t-il découvert un nouvel outil d’édition du génome ? Pour le moment, Anthropic a publié de « premiers résultats » qui montreraient, s’ils étaient confirmés, que le système en question présente des similitudes avec CRISPR ; sa fonction potentielle reste encore inconnue.

[1] « wet lab » en anglais

[2] Anthropic, Claude discovers a novel enzyme system with CRISPR-like repeats (23/09/2026)

Sources de la synthèse de presse : Reuters (18/09/2026) ; (23/09/2026) ; Journal International de Médecine, Frédéric Haroche (25/09/2026) ; The Conversation, Dimitri Perrin (24/09/2026) ; Futura Sciences, Sylvain Biget (24/09/2026) ; ZDNet, Kim Dong-Won (21/09/2026) ; Anthropic (23/09/2026)