Anthropic se lance dans la biologie expérimentale et attend ses premiers résultats concrets
Anthropic vient d’annoncer la création d’un « laboratoire humide »[1], c’est-à-dire un lieu où sont menées non pas des calculs sur ordinateur, mais des expériences à l’aide d’échantillons biologiques et d’équipements physiques, dans la baie de San Francisco.
Le 23 septembre, Anthropic annonçait « les premiers résultats d’un programme de recherche » : « Claude a découvert de manière autonome un nouveau système enzymatique associé à un ensemble de répétitions d’ADN, selon un motif qui rappelle CRISPR » [2]. (cf. Bientôt des traitements et vaccins conçus entièrement par IA ?).
Anthropic crée son propre laboratoire de biologie fondamentale
L’entreprise prévoit de mener des recherches en biologie par IA, « prolongées par des vérifications sur des échantillons biologiques réels ». Ces expériences seront elles-mêmes automatisées grâce à l’utilisation de Claude. Un porte-parole a précisé que le laboratoire d’Anthropic se consacrerait à la biologique fondamentale plutôt qu’à la conception de médicaments.
Le site web de l’entreprise indique : « Notre travail se concentre sur l’exploration de bases de données contenant des séquences d’ADN, dans le but d’identifier des familles de protéines inconnues, de générer des hypothèses à grande échelle puis de les tester par des expériences en laboratoire ».
En avril, Anthropic a recruté Vas Narasimhan, directeur général du laboratoire pharmaceutique Novartis, dans son conseil d’administration. L’entreprise a en outre racheté à la même période la start-up de biotechnologie Coefficient Bio (cf. Une IA générative à l’origine du génome d’un nouveau virus).
La découverte d’un « système enzymatique encore inconnu »
Anthropic a mobilisé 950 « agents Claude » pour explorer des séquences génétiques à très grande échelle, et plus exactement 200.000 transcriptases inverses (RT), à la recherche de systèmes biologiques encore inconnus. Les transcriptases inverses sont des enzymes qui permettent la transcription d’ARN en ADN. Après 21 heures de calcul, Claude a identifié une vingtaine d’organisations moléculaires « atypiques » qui mériteraient à ce titre une analyse approfondie.
Les chercheurs se sont concentrés sur un système composé de trois éléments : une transcriptase inverse, un gène partenaire et une série de séquences d’ADN répétées, constituées d’unités d’environ 200 nucléotides.
Un système d’enzymes similaire à CRISPR, mais dont la fonction potentielle reste inconnue
L’ADN situé à proximité de l’enzyme présentait une longue série de séquences répétées et régulièrement espacées qui évoquait les « ciseaux génétiques » CRISPR (cf. CRISPR : des taux de cholestérol toujours réduits au bout d’un an).
Claude a-t-il découvert un nouvel outil d’édition du génome ? Pour le moment, Anthropic a publié de « premiers résultats » qui montreraient, s’ils étaient confirmés, que le système en question présente des similitudes avec CRISPR ; sa fonction potentielle reste encore inconnue.
[1] « wet lab » en anglais
[2] Anthropic, Claude discovers a novel enzyme system with CRISPR-like repeats (23/09/2026)
Sources de la synthèse de presse : Reuters (18/09/2026) ; (23/09/2026) ; Journal International de Médecine, Frédéric Haroche (25/09/2026) ; The Conversation, Dimitri Perrin (24/09/2026) ; Futura Sciences, Sylvain Biget (24/09/2026) ; ZDNet, Kim Dong-Won (21/09/2026) ; Anthropic (23/09/2026)