En Australie, un test ADN « récréatif » révèle un échange d’embryons

Publié le 27 mars 2026
En Australie, un test ADN « récréatif » révèle un échange d’embryons
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Une femme conçue par FIV a découvert, à la faveur d’un test ADN « récréatif », qu’elle avait été victime d’un échange involontaire d’embryons. La trentenaire n’a aucun lien génétique avec le reste de sa famille.

Une jeune femme qui veut en savoir plus sur sa famille

En 1995, l’Australienne Penelope Szafranski a recours à une FIV auprès du Royal North Shore Hospital de Sydney et donne naissance à deux sœurs jumelles. Elle se sépare de son conjoint et les élève seule. En 2024, l’une de ses filles, Sasha, a elle-même deux enfants. Son père, qui avait abandonné la famille, revient vers elle et Sasha est d’accord pour renouer le lien. Elle a même envie d’en savoir plus sur sa famille paternelle qui est originaire de Pologne. La Deuxième Guerre mondiale en a fait des déplacés et son père, né après-guerre, ne sait pas exactement d’où il vient.

Un test ADN révèle un échange d’embryons

Sasha veut des informations et décide d’envoyer un échantillon d’ADN au site de généalogie Ancestry.com. Elle découvre alors qu’elle n’a de lien génétique avec aucun de ses parents. Une de ses tantes biologiques a été identifiée grâce au site, et cette femme lui apprend que sa propre sœur a procédé à une FIV dans le même centre de fertilité et à la même période que Penelope. Des tests ADN supplémentaires ont confirmé l’identification de ses parents génétiques et d’une sœur (cf. Etats-Unis : les commanditaires d’une GPA reçoivent par erreur l’enfant biologique de la mère porteuse).

Une mise en garde contre les tests ADN pour le grand public

L’ancienne embryologiste Lucy Lines met le public en garde contre l’essor des sites web de généalogie : « Nous allons découvrir de plus en plus de situations où les gens n’ont pas la filiation qu’ils pensaient avoir ». Les personnes qui décident d’envoyer leur ADN à ces entreprises devraient « mûrement réfléchir à la nature des informations qu’ils pourraient obtenir, et à leur potentiel impact sur leur vie » (cf. Un collectif réclame l’autorisation des tests génétiques).

La question de la responsabilité pénale

Les deux familles ont engagé une action en justice pour déterminer qui doit être tenu responsable de cette erreur. Selon les autorités sanitaires compétentes, le service de fertilité de l’hôpital a été transféré peu avant le transfert d’embryons à une société privée, North Shore ART, puis la clinique a changé plusieurs fois de propriétaire. Son propriétaire actuel, Virtus Health, décline toute responsabilité juridique (cf. En Floride, un centre de fertilité accusé d’avoir « échangé » des embryons).

Ce n’est pas la première fois que se produit un échange d’embryon lors d’une FIV en Australie. En avril 2025, l’entreprise Monash IVF avait révélé deux erreurs d’implantation survenues à quelques mois d’intervalle (cf. Australie : une nouvelle affaire d’« erreur » d’embryon).

Sources de la synthèse de presse : BioNews, Varsha Traynor (23/03/2026) ; ABC News, Elise Kinsella (16/03/2026)