Un collectif réclame l’autorisation des tests génétiques

Publié le 15 décembre 2025
Un collectif réclame l’autorisation des tests génétiques
© iStock

Dans une tribune publiée par La Croix, un collectif de personnalités parmi lesquelles le gynécologique Israël Nisand, l’ancien ministre Frédéric Valletoux ou encore Audrey et Arthur Kermalvezen Fournis pour l’association Origines, appelle à autoriser les tests génétiques « généalogiques ». La France est le seul pays européen à les pénaliser, déplorent les signataires.

Ces tests ADN, accessibles en ligne, permettent de « retrace[r] l’origine géographique de nos ancêtres et en option, peuvent mettre en relation des personnes partageant de l’ADN, sans livrer la moindre information médicale », avance le collectif. Et en dépit de « l’arrêt des envois vers la France depuis 2023 », « sous la pression de la Commission nationale de l’informatique et des libertés », leur usage demeure « massif », assurent les signataires, « signe que l’interdiction heurte des besoins essentiels » (cf. PMA : le droit d’accès aux origines devient effectif. En théorie.).

Accéder à ses origines

Selon eux, « le droit de connaître ses origines, garanti par la Convention européenne des droits de l’homme et la Convention internationale des droits de l’enfant et reconnu par le droit français, est aujourd’hui mis en échec ».

En effet, « le Conseil national pour l’accès aux origines personnelles, créé en 2002 pour les personnes nées sous X et pupilles de l’État, ne parvient pas à identifier au moins un parent biologique dans 43 % des dossiers ». Par ailleurs, « la Commission d’accès des personnes nées d’une assistance médicale à la procréation aux données des tiers donneurs, créée en 2022 pour les personnes issues d’un don, ne retrouve pas le donneur dans plus de 70 % des cas » (cf. Accès aux origines : 767 demandes « recevables », 83 satisfaites ; Accès aux origines : des recours rejetés en série).

Pour le collectif, « la légalisation des tests généalogiques permettrait de pallier les pertes de dossiers auxquels se heurtent ces organismes ». Et « elle offrirait aussi une solution aux personnes issues d’une procréation médicalement assistée (PMA) dans un cabinet privé, à l’étranger ou adoptées internationalement, lesquelles ne disposent souvent d’aucun dossier ».

Priver la recherche d’une « ressource précieuse » ?

Invoquant également les besoins des enquêtes criminelles, l’identification des personnes mortes sous X et la recherche biomédicale qui serait privée d’une « ressource précieuse » (cf. Du business autour des tests génétiques : 23andMe vend les droits d’un médicament), les signataires balaient d’un revers de main les risques évoqués par les détracteurs de ces tests : « la révélation d’adultères, la fuite de données sensibles ou leur utilisation par un régime totalitaire, un employeur ou une compagnie d’assurances » (cf. Australie : des assurances vie en fonction du profil génétique).

« Chez tous nos voisins européens où ils sont légaux, ces tests n’ont provoqué ni explosion des familles, ni surveillance généralisée, ni dérive incontrôlée », certifient-ils (cf. Tests génétiques : des recommandations objectives ?), s’en remettant aux « normes strictes de stockage et d’usage » (cf. La firme de tests génétiques 23andMe dépose le bilan et pourrait vendre les données personnelles de 15 millions d’utilisateurs).

Le 20 novembre, Sarah El Haïry, Haut commissaire à l’enfance, a annoncé avoir demandé à Stéphanie Rist, ministre de la Santé et des Familles, de désigner « une personnalité qualifiée » chargée d’examiner le sujet. Le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) et l’Académie nationale de médecine doivent également se pencher sur le sujet de leurs côtés.

Source de la synthèse de presse : La Croix, Collectif (11/12/2025)