Fin de vie au Royaume-Uni : une étude d’impact estime les décès à venir, et les économies

Publié le 5 mai 2025
Fin de vie au Royaume-Uni : une étude d’impact estime les décès à venir, et les économies

Le Gouvernement britannique a publié une étude d’impact dans le cadre de l’examen de la proposition de loi visant à autoriser le suicide assisté (cf. Fin de vie au Royaume-Uni : un « niveau de contrôle » déjà remis en question).

Selon cette étude, le nombre de décès devrait se situer entre 164 et 787 au cours de la première (demi) année de la mise en œuvre de cette autorisation et atteindre entre 1 042 et 4 559 morts administrées au cours de la dixième année, en supposant un début de mise en œuvre en octobre 2029. La fourchette haute représenterait moins de 1% des décès.

Une évaluation des économies…

L’étude d’impact fournit également une analyse financière des coûts et des économies réalisées, sans aborder les arguments éthiques ou philosophiques qu’ils soient en faveur ou opposés à la proposition de loi (cf. Évaluer le coût de la mort provoquée : l’amendement 996 secoue le débat).

Ainsi, au cours des six premiers mois, les économies réalisées par le NHS pourraient être comprises entre 919 000 et 10,3 millions de livres sterling [1]. Ce chiffre comprend les différents types de soins, dispensés à l’hôpital ou ailleurs, les soins palliatifs, les médicaments et les autres soins « dont une personne choisissant la mort assistée n’aurait pas besoin ».

Au bout de 10 ans, les économies réalisées pourraient s’élever de 5,84 millions à 59,6 millions de livres sterling.

… et des coûts

La mise en œuvre de la mort administrée génèrera également des coûts. « La dotation en personnel d’un service d’aide à la mort pourrait coûter plus de 10 millions de livres par an d’ici dix ans. » Et les coûts de formation pour les seuls six premiers mois pourraient s’élever à plus de 11 millions de livres.

L’étude précise que cela pourrait priver de personnel les services existants, mais que « l’impact global de cette mesure est incertain » (cf. Belgique, Pays-Bas, … : les soins palliatifs moins développés dans les pays qui autorisent l’euthanasie).

Selon le rapport, « dans l’ensemble, il n’est pas possible de déterminer si les coûts l’emportent sur les économies ou vice versa, car il y a trop d’incertitudes ».

Une future « option de traitement » ?

Le ministère de la santé et des soins sociaux a déclaré que le gouvernement était « neutre » sur la question. Il a ajouté que le document avait été produit pour s’assurer que toute législation adoptée par le Parlement soit « réalisable, efficace et applicable ».

La baronne Tanni Grey-Thompson, ancienne athlète paralympique et membre de la Chambre des Lords, qui s’oppose au texte, a quant à elle déclaré : « Cette évaluation met en évidence la façon dont l’aide à la mort mettrait en danger les personnes handicapées et les autres personnes vulnérables en incitant financièrement un NHS déjà surchargé et manquant de ressources à proposer l’aide à la mort comme une « option de traitement » ».

Kim Leadbeater qui porte le texte veut rassurer : « le projet de loi ne couvre pas les personnes handicapées » (cf. Loi sur la fin de vie au Royaume-Uni : le rejet d’amendements, protégeant notamment les personnes trisomiques, pourrait faire basculer le vote).

 

[1] Soit environ de 1 à 12 millions d’euros

Source : BBC, Nick Triggle (03/05/2025)