Fin de vie : François Bayrou ne cède pas (encore) à la pression
« Ce n’est pas la même question ». Lundi, François Bayrou a confirmé sa volonté de voir examinée la question des soins palliatifs séparément de celle de l’« aide à mourir »[1].
Les soins palliatifs « ça n’est pas un droit, c’est un devoir », argumente le chef du gouvernement. « Toute notre société, tout notre système de santé, a le devoir de proposer à tous ceux qui sont malades à ce point les soins qui se résument en une phrase […] : Je ne te laisserai pas tout seul et je ne te laisserai pas souffrir. » Le deuxième texte, lui, « suscite des débats de conscience extrêmement forts » considère François Bayrou (cf. Fin de vie : scinder le projet de loi « rend justice » aux travaux de la Convention citoyenne).
Quelques heures plus tôt, plus de 180 députés et 13 anciens ministres avaient pourtant tenté de faire fléchir le Premier ministre. Dans une lettre ouverte publiée par Le Parisien ils lui demandaient d’« inscrire à l’ordre du jour de l’Assemblée, en accord avec une majorité de groupes parlementaires, le texte dont l’examen a été interrompu par la dissolution en juin dernier » (cf. Fin de vie : la proposition de loi d’Olivier Falorni enregistrée à l’Assemblée nationale), allant jusqu’à affirmer que « l’aide médicalisée active à mourir est une forme ultime de soin palliatif, dans la continuité des soins déjà prodigués ». Ces signataires seraient-ils aveuglés par leur idéologie ? En effet, la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs (SFAP) rappelle que la définition des soins palliatifs de l’International Association for Hospice & Palliative Care stipule que ces soins « ne visent ni à hâter ni à différer la mort ». « Ils soutiennent la vie et considèrent la mort comme un processus naturel. » Une définition reconnue par l’OMS.
Plus tôt dans la journée de lundi, Sophie Primas, porte-parole du gouvernement avait indiqué que le texte sur la fin de vie ne serait en tout état de cause pas examiné avant le vote du budget, tout comme les autres projets et propositions de loi. François Bayrou pourra-t-il résister à la pression ?
[1] TF1, Fin de vie : faut-il une loi ? La réponse de François Bayrou sur LCI (27/01/2025)