FIV : une « méta-analyse approfondie d’études fiables » montre que la plupart des « traitements complémentaires », dont le DPI-A, « ne s’appuient pas sur des preuves solides »
Une « méta-analyse approfondie d’études fiables » a montré que la plupart des « traitements complémentaires » à la FIV « ne s’appuient pas sur des preuves solides quant à leurs bénéfices avérés ». Cette méta-analyse a été publiée dans The Lancet Obstetrics, Gynaecology, and Women’s Health[1].
Des coûts supplémentaires et de « faux espoirs »
Les « traitements complémentaires à la FIV » sont des procédures proposées en plus des procédures « standard » « dans l’espoir d’augmenter les chances d’une naissance vivante ». Plus de 70% des patientes ayant recours à la FIV en Australie, en Nouvelle-Zélande et au Royaume-Uni déclarent avoir eu recours à « au moins l’un » de ces « traitements », qui entraînent en général des coûts supplémentaires s’ajoutant au prix d’un cycle de FIV. Pourtant, la question de savoir si ces approches augmentent réellement les chances d’avoir un enfant « reste incertaine ».
« Notre analyse révèle un manque de preuves » quant au fait que ces « traitements » apportent « un quelconque bénéfice aux patientes », indique le Dr Sarah Lensen, chercheuse au département d’obstétrique, de gynécologie et de santé néonatale de l’université de Melbourne, et auteur principal de l’étude. Or, « des traitements complémentaires non éprouvés peuvent susciter de faux espoirs, alourdir la charge financière et entraîner des procédures médicales inutiles à un moment qui peut déjà s’avérer très difficile pour les patientes » (cf. PMA : à la recherche d’une nouvelle « baguette magique » ?).
157 essais randomisés considérés, 85 retenus dans l’analyse
L’équipe a initialement examiné 157 essais randomisés portant sur divers « traitements complémentaires à la FIV », avant d’en exclure finalement 72 en raison de doutes quant à leur fiabilité. Les 85 études restantes portaient sur dix des « traitements complémentaires » les plus couramment proposés. Parmi ceux-ci, seul le « grattage de l’endomètre » – un « léger raclage » de la muqueuse utérine avant le transfert d’embryons – a été associé à une « potentielle amélioration » des chances de naissance vivante.
EmbryoGlue, un produit censé faciliter la nidation de l’embryon, pourrait augmenter les chances de grossesse, mais son impact sur les naissances vivantes reste incertain, seules certaines analyses montrant un effet positif. L’injection intracytoplasmique « physiologique »de spermatozoïdes, qui consiste à sélectionner les spermatozoïdes en fonction de leur capacité à se lier à l’acide hyaluronique, pourrait être associée à une baisse des taux de fausses couches, mais pas à une amélioration des taux de naissances.
Les sept autres « traitements complémentaires » n’ont soit montré « aucun bénéfice » (corticostéroïdes, DPI-A et test de réceptivité de l’endomètre, cf. « Promouvoir le DPI-A aujourd’hui, c’est ignorer les progrès de la recherche »), soit les données étaient « trop insuffisantes ou inexistantes » pour tirer des conclusions (acupuncture, perfusion d’intralipides et injections de plasma riche en plaquettes dans les ovaires ou l’utérus).
Informer les femmes
Or, « malgré l’absence de consensus scientifique clair », ces « traitements complémentaires » « continuent d’être couramment proposés par les cliniques de fertilité » (cf. Etats-Unis : des recours collectifs contre le DPI-A).
En réponse, le Dr Sarah Lensen et son équipe ont créé un site web détaillant l’état actuel des preuves scientifiques pour chaque « traitement complémentaire ». Une étude[2] portant sur plus de 1200 femmes australiennes a montré que « les patientes ayant consulté la ressource conçue par les chercheurs avaient une meilleure compréhension des traitements complémentaires à la FIV, ainsi que de leurs avantages et risques scientifiquement prouvés », par comparaison aux femmes auxquelles on avait fourni le contenu des « sites web commerciaux consacrés à la FIV » (cf. DPI-A : des entreprises américaines attaquées pour « publicité mensongère »).
« La FIV prend une mauvaise direction », considère la baronne Geeta Nargund, professeur honoraire en santé des femmes à l’Université de Londres[3]. Elle requiert « une surveillance renforcée de la part des organismes de réglementation », juge-t-elle : « Il est urgent de prendre des mesures pour remédier à ces pratiques complémentaires ».
[1] Sarah Lensen et al., Safety and effectiveness of ten common in-vitro fertilisation add-ons: a systematic review and meta-analysis, The Lancet Obstetrics, Gynaecology, and Women’s Health, 23 June, 2026, DOI: 10.1016/S3050-5038(26)00054-3
[2] Afsana Afroz et al., Evaluation of a codesigned resource about in-vitro fertilisation add-ons: an online, parallel-group, single-blinded, randomised trial, The Lancet Obstetrics, Gynaecology, and Women’s Health, 23 June, 2026, DOI: 10.1016/S3050-5038(26)00114-7
[3] Geeta Nargund et al., Is IVF treatment heading in the right direction?, The Lancet Obstetrics, Gynaecology, and Women’s Health, 23 June, 2026, DOI: 10.1016/S3050-5038(26)00145-7
Source de la synthèse de presse : BioNews, Rumi Georgieva (29/06/2026)