DPI-A : des entreprises américaines attaquées pour « publicité mensongère »

Publié le 15 avril 2026 . Mis à jour le 23 avril 2026 à 18:56.
DPI-A : des entreprises américaines attaquées pour « publicité mensongère »
© iStock - Wasan Tita

Aux Etats-Unis, les entreprises Genomic Prediction et CooperGenomics font l’objet de recours collectifs pour « pratiques commerciales trompeuses » et « publicité mensongère ». Elles sont accusées d’affirmations fallacieuses sur l’efficacité du diagnostic préimplantatoire des aneuploïdies (DPI-A) proposé à leurs patients (cf. « Promouvoir le DPI-A aujourd’hui, c’est ignorer les progrès de la recherche »).

Une efficacité remise en cause par la science

Le DPI-A vise à identifier les embryons qui comportent un nombre anormal de chromosomes, pour ne pas les implanter. Les embryons jugés aneuploïdes sont éliminés.

Des entreprises proposent ce test en affirmant qu’il augmentera le taux de succès des fécondations in vitro. Le recours au DPI-A coûte plusieurs milliers de dollars et n’est pas couvert par les assurances maladie.

Les brochures, le site web de ces entreprises mais aussi les médecins impliqués affirmaient que les tests de DPI-A étaient d’une « fiabilité scientifiquement attestée », ce qui n’est pas le cas (cf. DPI-A : une étude démontre son invalidité).

Une publicité mensongère aux conséquences graves

Comme l’indique le contenu de la plainte, accessible en ligne[1], les plaignants réclament la « compensation des pertes financières dues à une publicité (advertising) et une communication (marketing) trompeuses et déloyales » « Les plaignants déclarent avoir dépensé plusieurs milliers de dollars chacun pour effectuer des DPI-A sur la base d’omissions et affirmations inexactes », y est-il rapporté.

Les requérants dénoncent de « fausses déclarations » qui ont omis de divulguer les limites de ce test ou de prévenir du fait que la pertinence du DPI-A n’est « pas établie par la science ».

Certains plaignants regrettent d’avoir pris des décisions importantes sur des bases fallacieuses. En effet, en plus d’importantes pertes financières, ils ont vraisemblablement éliminé des embryons viables (cf. Avoir des cellules aneuploïdes : un état fréquent chez l’embryon en phase précoce ; « Autocorrection embryonnaire » : deux embryons aneuploïdes et finalement deux petites filles « en bonne santé »), les femmes ont eu recours à des cycles de FIV qui n’étaient pas nécessaires, ont reporté une grossesse voire n’ont pas eu de grossesse du tout (cf. PMA : à la recherche d’une nouvelle « baguette magique » ?).

Des recours qui se multiplient

Des recours collectifs avaient déjà été déposés en octobre 2024 pour des motifs similaires contre CooperGenomics et six autres entreprises proposant des DPI-A. CooperGenomics était accusé de savoir que leurs tests avaient un taux de fiabilité inférieur à celui qu’il affirmait auprès de ses clients (cf. Etats-Unis : des recours collectifs contre le DPI-A).

Aux Etats-Unis, l’utilisation du DPI-A est passée, entre 2014 et 2021, de 13% à environ 40 % des cycles de FIV.

[1] Class action complaint, Adrian Anderson et alii.. v. GENOMIC PREDICTION, INC. and GENOMIC PREDICTION CLINICAL LABORATORY

Sources de la synthèse de presse : The Independent, Katie Hawkinson (13/04/2026) ; NJ, Jackie Roman (13/04/2026) ; AboutLawsuits, Michael Adams (26/03/2026)