« Autocorrection embryonnaire » : deux embryons aneuploïdes et finalement deux petites filles « en bonne santé »
Deux embryons « uniformément aneuploïdes »[1] transférés lors d’une fécondation in vitro ont abouti à la naissance de jumelles dizygotes[2], nées en « bonne santé » (cf. Avons-nous tous été trisomiques ?). Elles sont aujourd’hui âgées de sept ans. Cette étude de cas a été publiée par des chercheurs de l’université de Stanford dans la revue Fertility et Sterility le 15 novembre[3]
Deux embryons distincts qui s’autocorrigent
Après un diagnostic préimplantatoire visant à dépister une éventuelle aneuploïdie des embryons (DPI-A), une femme de 42 ans et son conjoint âgé de 49 ans, avaient choisi d’accepter le transfert de 4 embryons « uniformément aneuploïdes », c’est-à-dire des embryons présentant un nombre anormal de chromosomes dans chacune de leurs cellules.
Les embryons uniformément aneuploïdes ne sont pourtant « normalement » pas transférés, en invoquant un risque de fausse couche [4] (cf. Une nouvelle étude remet en cause la pertinence du DPI-A). Or ce cas montre que « l’autocorrection du nombre de chromosomes peut se produire au cours du développement embryonnaire » (cf. Mosaïcisme : observer l’autocorrection des embryons humains, et la stimuler ?). En outre, il s’agit ici de « faux jumeaux », développés à partir d’embryons distincts, ce qui signifie que l’autocorrection s’est produite « indépendamment » dans chacun d’eux.
Des « grossesses normales » également à partir d’embryons mosaïques
Par ailleurs, « de plus en plus de preuves » conduisent à conclure que les embryons mosaïques – qui présentent un mélange de cellules normales et anormales – peuvent souvent donner lieu à des « grossesses normales » (cf. Mosaïcisme : une jeune femme « découvre » sa trisomie 21).
« Des études prospectives à plus grande échelle sont nécessaires pour comprendre la fréquence des naissances vivantes euploïdes après le transfert d’embryons aneuploïdes », indiquent les chercheurs.
[1] Il ne s’agissait pas d’embryons mosaïques, c’est-à-dire d’embryons présentant à la fois des cellules euploïdes et d’autres aneuploïdes (cf. Embryons mosaïques : le DPI face à ses limites ?). L’aneuploïdie correspond à une anomalie du nombre de chromosomes.
[2] Autrement appelées « fausses jumelles » car issues de deux embryons distincts
[3] Tise, Christina G. et al., Healthy euploid dizygotic twin birth after transfer of nonmosaic aneuploid embryos, Fertility and Sterility, Volume 124, Issue 5, 1016 – 1023
[4] NDLR : différentes études montrent que ce risque n’est pas fondé scientifiquement (cf. FIV : l’arrêt du développement embryonnaire lié à l’âge maternel, pas à l’aneuploïdie de l’embryon)
Source de la synthèse de presse : BioNews, Julianna Photopoulos (24/11/2025)