GPA : un risque accru pour la santé, y compris mentale, des femmes

Publié le 26 août 2025
GPA : un risque accru pour la santé, y compris mentale, des femmes
© iStock - Michael Lutz

Selon une nouvelle étude[1] menée par l’ICES, l’Université McGill et l’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill au Canada, les mères porteuses ont un risque accru de se voir diagnostiquer une nouvelle maladie mentale pendant ou après leur grossesse.

Une étude fondée sur des données canadiennes

Cette étude s’appuie sur des données collectées dans l’Ontario relatives à 767 406 naissances entre 2012 et 2021. Parmi les femmes ayant mené ces grossesses, 2,3% ont eu recours à la fécondation in vitro (FIV) et dans 0,1% des cas, c’est-à-dire pour 758 grossesses, il s’agissait d’une GPA.

« Le taux d’incidence de nouvelles maladies mentales pour 100 personnes-années était de 5,2 chez les femmes ayant conçu sans assistance, de 5,0 chez les femmes ayant eu recours à la FIV, et de 6,9 chez les mères porteuses » constate l’étude. Des résultats encore plus marqués pour les diagnostics délivrés lors d’une consultation aux urgences ou d’une hospitalisation.

Des femmes plus vulnérables dont la santé est mise en danger

Malgré les directives exigeant un dépistage de la santé mentale, les chercheurs ont par ailleurs constaté que près d’une mère porteuse sur cinq avait reçu un diagnostic de maladie mentale avant sa grossesse, y compris pour certaines s’agissant de « troubles graves qui auraient pu les rendre inaptes à porter un enfant pour quelqu’un d’autre ».

En outre les auteurs de l’étude ont relevé que les mères porteuses étaient plus susceptibles de résider dans une zone où vivent des personnes à faibles revenus et de présenter des taux plus élevés d’obésité et d’hypertension chronique.

Les grossesses issues de dons d’ovocytes plus à risques

Des résultats confirmés par une étude actuellement soumise pour publication [2]. L’analyse de 8 études suggère que la GPA faisant appel à des ovocytes issus de donneuses est associée à des taux plus élevés de troubles hypertensifs et de diabète gestationnel que la GPA où ce sont les ovocytes de la mère porteuse qui sont utilisés (cf. Gestation pour autrui, avec ou sans lien génétique : 2 modalités d’une même réalité), ou les grossesses naturelles antérieures.

« Malgré le manque de données, les cliniques de fertilité présentent souvent la gestation pour autrui et la FIV réciproque[3] comme des options raisonnablement sûres, dénonce Catherine Meads professeur à la Anglia Ruskin University au Royaume-Uni et auteur de l’étude. Cependant, la plupart des recherches proviennent de praticiens affiliés à des cliniques de fertilité. »

[1] New-Onset Mental Illness Among Gestational Carriers, JAMA Network Open (2025). DOI: 10.1001/jamanetworkopen.2025.23428

[2] Phoebe Barry, Elizabeth Choong, Catherine Meads, et al. The outcomes of surrogate pregnancy using a donor egg compared to the surrogate’s egg: a systematic review. Authorea. June 06, 2025. DOI: 10.22541/au.174919886.60741282/v1

[3] Aussi appelée ROPA pour réception de l’ovule de la partenaire. Il s’agit pour deux femmes de fabriquer un embryon à partir des gamètes de l’une d’elles et de le faire implanter dans l’utérus de la seconde (cf. Interdire la ROPA pour éviter « toute dissociation de maternité » : la CEDH donne raison à l’Allemagne).

Sources : Medical Xpress, ICES (25/07/2025) ; The Conversation, Catherine Meads (14/07/2025)