Le Luxembourg, second pays à inscrire la « liberté » d’avorter dans sa Constitution

Publié le 18 juin 2026
Le Luxembourg, second pays à inscrire la « liberté » d’avorter dans sa Constitution
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Mardi 16 juin, la chambre des députés du Luxembourg a inscrit la « liberté » d’avoir recours à l’avortement dans la Constitution du pays. Avec 51 voix pour, 6 contre et 2 abstentions, ce second vote constitutionnel confirme les résultats du premier scrutin qui s’était tenu le 3 mars (cf. Luxembourg : les législateurs votent l’inscription de la « liberté » d’avorter dans la Constitution). Avant tout changement de la Constitution, un second vote à la majorité des deux tiers est nécessaire.

« Nous n’étions pas d’accord entre nous sur toutes les nuances, mais nous sommes d’accord sur l’essentiel » relève le député Sven Clement du parti Pirate (PPLU). « Le droit des femmes n’est pas un petit sujet » déclare Marc Baum, député Déi Lénk qui a déposé la proposition de révision de la Constitution. Selon lui, le texte permettra d’éviter d’éventuelles remises en cause de la « liberté » d’avorter. Il se félicite que le Luxembourg devienne « le second pays à franchir ce pas, après la France » (cf. IVG dans la Constitution : la « liberté » des femmes au détriment de la liberté de conscience ?).

Une « politique des symboles »

A l’inverse, Gérard Schockmel, député DP et ancien médecin, considère que le texte crée de fausses promesses. « La loi sur l’IVG peut être retirée par une majorité simple, ce qui n’offre donc aucune protection supplémentaire » souligne le député qui pointe également des « informations pas correctes, comme sur l’urgence » de légiférer. L’élu a voté contre la proposition de révision.

Fred Keup, député ADR, dénonce pour sa part une « politique des symboles ». Critiquant le slogan « My voice, my choice », il interroge : « qu’en est-il du corps du bébé ? » (cf. « My Voice, my Choice » : une initiative pour introduire un « droit à l’avortement » en Europe, en outrepassant les compétences de l’UE). « Les deux arguments peuvent être utilisés et respectés » relève le député qui a voté contre le texte, tout comme les cinq députés ADR.

Une banalisation de l’avortement ?

Une fois le texte publié au Journal officiel, le nouvel article 15 de la Constitution énoncera que « la liberté d’avoir recours à l’interruption volontaire de grossesse est garantie ». « La loi détermine les conditions dans lesquelles s’exerce cette liberté » ajoute le texte. « Cela ne change rien à notre loi sur l’avortement, qui ne sera pas banalisé » affirme Laurent Zeimet, député CSV. Deux élus de son groupe, Paul Galles et Jeff Boonen, se sont toutefois abstenus lors du vote du texte.

Au Luxembourg, l’avortement est autorisé jusqu’à 12 semaines. Une proposition du LSAP pour allonger le délai à 14 semaines a été majoritairement rejetée lors de la consultation sur la réforme constitutionnelle (cf. Avortements au Luxembourg : toujours plus).

Sources de la synthèse de presse : l’Essentiel (16/06/2026) ; Le Quotidien, David marques (18/06/2026)