« L’un des défis de santé publique les plus négligés » : l’OMS publie des recommandations en matière d’infertilité

Publié le 1 décembre 2025
« L’un des défis de santé publique les plus négligés » : l’OMS publie des recommandations en matière d’infertilité
© iStock - diegograndi

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a publié ses premières recommandations relatives à la prévention, au diagnostic et au traitement de l’infertilité[1], le 28 novembre.

Un enjeu de santé publique négligé et une source d’inégalités

Alors, qu’une personne sur six en âge de procréer pourrait être touchée par l’infertilité au cours de sa vie, le directeur général de l’OMS, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, considère que « l’infertilité est l’un des défis de santé publique les plus négligés de notre époque et une source majeure d’inégalités à l’échelle mondiale »[2].

Une source « d’inégalités », car « dans de nombreux pays, les tests et les traitements de l’infertilité sont en grande partie à la charge des patients, ce qui entraîne souvent des dépenses financières catastrophiques », affirme l’OMS. « Dans certains contextes, un seul cycle de fécondation in vitro (FIV) peut coûter deux fois le revenu annuel moyen d’un ménage », souligne-t-elle.

40 propositions

L’organisation formule 40 propositions visant à « renforcer la prévention, le diagnostic et le traitement de l’infertilité », en promouvant « des options rentables » pour une « prise en charge clinique efficace ».

L’OMS préconise ainsi entre autres « un investissement accru dans la prévention, notamment par l’information sur la fertilité et l’infertilité » (cf. A Cambridge, des cours pour « éviter d’oublier d’avoir un bébé ») et une « prise en charge progressive, depuis les stratégies de gestion les plus simples – où les praticiens commencent par des conseils sur les périodes de fertilité et la stimulation de la fertilité sans traitement actif – jusqu’aux traitements plus complexes tels que l’insémination intra-utérine ou la fécondation in vitro (FIV) » (cf. Endométriose : Caroline conçoit deux enfants grâce à la Naprotechnologie ; Des infertilités masculines non diagnostiquées, et des FIV « inutiles »). Qualifiant une fois de plus les techniques de procréation assistée de « traitements » alors qu’elles ne traitent rien. Après leur mise en œuvre, l’infertilité est toujours là.

Une vision déshumanisée de la fertilité ?

« Informer précocement les personnes sur la fertilité et l’infertilité peut les aider à planifier leur vie reproductive », déclare l’OMS. Dès lors, la mise en œuvre de ces recommandations devrait « s’inscrire dans une approche globale et respectueuse des droits en matière de santé sexuelle et reproductive ». « Donner aux individus les moyens de faire des choix éclairés concernant leur vie reproductive est un impératif de santé publique et une question de justice sociale », appuie le Dr Pascale Allotey, Directrice du Département de la santé sexuelle, reproductive, maternelle, infantile et adolescente et du vieillissement de l’OMS et du Programme spécial des Nations Unies pour la reproduction humaine (HRP).

Il s’agirait donc de « planifier » sa « vie reproductive », le « projet parental » étant un projet parmi d’autres (cf. PMA : une loi pour protéger les « salariés engagés dans un projet parental »). La venue d’un enfant n’est plus accueillie mais programmée (cf. Le zygote « n’est pas un projet parental, il est un projet de lui-même »). Pourtant, face au nombre croissant des couples touchés par l’infertilité, ne faudrait-il pas appréhender les choses sous un autre angle ? Pour abandonner la volonté de maitrise à tout prix et se réapproprier notre condition humaine (cf. Jacques Testart : « Demain, les enfants seront conçus au laboratoire et le sexe sera réservé au plaisir »).

[1] OMS, Guideline for the prevention, diagnosis and treatment of infertility: summary of recommendations, 2025, ISBN: 978-92-4-011577-4

[2] OMS, WHO issues first global guideline on infertility (28/11/2025)