L’utilisation prolongée d’un contraceptif injectable associée à un risque plus élevé de méningiomes

Publié le 5 septembre 2025
L’utilisation prolongée d’un contraceptif injectable associée à un risque plus élevé de méningiomes
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Des chercheurs de la faculté de médecine de l’université Case Western Reserve et de la Cleveland Clinic ont constaté que l’utilisation d’acétate de médroxyprogestérone à effet retard[1], un progestatif utilisé notamment à des fins contraceptives[2], est associée à un risque plus élevé de tumeur cérébrale de type méningiome (cf. Contraception : le désogestrel augmente le risque de méningiome après 5 ans d’usage). Le surrisque est observé après plus de quatre ans d’exposition ou après un début du traitement à un âge supérieur à 31 ans. Ils ont publié leurs travaux dans la revue JAMA Neurology[3].

Pour aboutir à leurs conclusions, les scientifiques ont examiné les données issues de TriNetX, un réseau américain regroupant 68 organismes de santé et couvrant la période allant de décembre 2004 à décembre 2024. Au total, 61 588 239 femmes étaient éligibles, dont 10 425 438 patientes répondaient aux critères d’inclusion dans les groupes d’exposition et de contrôle.

Les analyses ont montré que les utilisatrices d’acétate de médroxyprogestérone à effet retard présentaient un risque de diagnostic de méningiome supérieur de 143 % à celui des témoins appariés, avec une incidence de 7,39 pour 100 000 patientes-années dans la cohorte sous injection et de 3,05 chez les témoins.

Un risque augmenté avec la durée d’exposition

Les chercheurs ont évalué un risque accru de 200 % après quatre à six ans d’utilisation et de 290 % après plus de six ans. En outre, il était augmenté de 277 % chez les femmes ayant commencé le traitement entre 31 et 40 ans, de 175 % chez celles ayant commencé entre 41 et 50 ans et de 220 % chez celles ayant commencé après 50 ans.

Administré par voie orale, l’acétate de médroxyprogestérone présentait un risque accru de 18 % par rapport aux témoins.

Les scientifiques précisent que, dans le cadre de leur étude, aucune augmentation du risque n’a été observée pour les contraceptifs oraux combinés, les dispositifs intra-utérins (DIU) en général, les pilules progestatives, les implants sous-cutanés, les DIU au cuivre ou les DIU à faible dose de lévonorgestrel.

[1] Depo-Provera®

[2] Egalement pour traiter l’endométriose

[3] Tianqi Xiao et al, Depot Medroxyprogesterone Acetate and Risk of Meningioma in the US, JAMA Neurology (2025). DOI: 10.1001/jamaneurol.2025.3011 ; Gilles Reuter et al, Depot Medroxyprogesterone and Meningioma Risk, JAMA Neurology (2025). DOI: 10.1001/jamaneurol.2025.2973

Source : Medical Xpress, Justin Jackson (04/09/2025)