Lutte contre l’infertilité : l’intérêt de l’enfant oublié ?

Publié le 8 janvier 2026 . Mis à jour le 22 janvier 2026 à 18:40.
Lutte contre l’infertilité : l’intérêt de l’enfant oublié ?
© Pixabay

Le 28 novembre dernier, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a publié ses premières recommandations relatives à la prévention, au diagnostic et au traitement de l’infertilité (cf. « L’un des défis de santé publique les plus négligés » : l’OMS publie des recommandations en matière d’infertilité). Dans un communiqué, l’association Juristes pour l’enfance s’étonne que « les méthodes de restauration naturelle de la fertilité ne soient pas mentionnées comme une des solutions à ce défi majeur de santé publique et une alternative possible à la procréation médicalement assistée (PMA) ».

L’association rappelle par exemple que « la naprotechnologie est une prise en charge naturelle pour restaurer la fertilité, fondée sur la connaissance précise du cycle féminin complétée par un suivi médical classique, avec des examens (prises de sang, bilans hormonaux, échographies, spermogramme, etc.), des consignes hygiéno-diététiques (régime pauvre en sucres par exemple) et des traitements médicamenteux, voire chirurgicaux » (cf. Endométriose : Caroline conçoit deux enfants grâce à la Naprotechnologie). Ou encore, la méthode de l’ovulation Billings, reconnue par l’ONU et par l’OMS, aide également les couples en désir d’enfant : la dernière étude clinique révèle que 62.5 % des couples qui n’arrivaient pas à concevoir depuis plus d’un an ont réussi en 4.5 mois en moyenne après avoir appris la méthode Billings.

Les enjeux de la PMA occultés

« L’OMS continue de qualifier les techniques de PMA de « traitements » de l’infertilité », dénonce Juristes pour l’enfance. Un terme impropre puisque « ces technologies reproductives ne guérissent pas l’infertilité, mais la contournent éventuellement en cas de succès ».

En outre, ces techniques sont loin d’être dénuées de risques. En effet, « le recours à la fécondation in vitro expose les femmes à des risques médicaux importants et emporte des conséquences médicales pour les enfants », rappelle l’association.

Par ailleurs, la congélation d’embryons, souvent mise en œuvre lors des procédures de PMA, constitue « un traitement inhumain et dégradant, contraire à la dignité humaine » (cf. La justice annule une autorisation de recherche utilisant 400 embryons humains). Et, quand elle recourt à un tiers donneur, la PMA « expose les enfants à des troubles dans leurs conditions d’existence, et méconnait leur droit à la filiation »[1] (cf. PMA avec donneur : une « dette existentielle » ?).

Des évolutions attendues avec la révision de la loi de bioéthique

Alors que le processus de révision de la loi de bioéthique va se déployer en 2026 (cf. Mission d’information sur la baisse de la natalité : la révision de la loi de bioéthique débute en toute discrétion), Juristes pour l’enfance porte plusieurs propositions.

L’association appelle à ne plus congeler les embryons mais à généraliser la conservation des gamètes. Elle plaide aussi pour « la prise au sérieux des droits de l’enfant dans la PMA et notamment la PMA avec donneur et la PMA pour les femmes seules, en vue de l’abandon à terme de ces pratiques ».

Enfin, comme l’Italie l’a fait, Juristes pour l’enfance réclame l’introduction dans le code pénal d’un délit sanctionnant le recours à la GPA par des Français, que la GPA soit réalisée en France ou à l’étranger (cf. « La GPA relève de la traite humaine en ce qu’elle organise l’utilisation de la femme »).

[1] droit pour tout enfant, dans la mesure du possible, de connaitre ses parents et d’être élevé par eux, proclamé par l’article 7 de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant (CIDE) de l’ONU, texte international pourtant le plus ratifié au monde