« Ma conscience n'était pas en paix » : les députés britanniques rejettent le suicide assisté

Publié le 11 septembre 2026
« Ma conscience n'était pas en paix » : les députés britanniques rejettent le suicide assisté
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Ce vendredi, les députés britanniques ont rejeté une proposition de loi visant à autoriser le suicide assisté pour les personnes ayant une espérance de vie inférieure à 6 mois. Une première tentative pour dépénaliser la procédure en Angleterre et au Pays de Galles avait échoué au printemps (cf. Royaume-Uni : la proposition de loi sur l’« aide à mourir » abandonnée, faute de temps). Tout d’abord approuvée au mois de juin 2025, la proposition de loi avait finalement été abandonnée, les Lords manquant de temps pour l’examiner en profondeur. Suite à cet échec, elle avait été à nouveau déposée par une députée travailliste, Lauren Edwards, au mois de juin (cf. Angleterre : l’« aide à mourir » bientôt de retour devant le Parlement).

De « graves inquiétudes » des professionnels

Le 11 septembre, ce sont 286 députés qui se sont opposés à la mesure, 270 s’y sont montrés favorables au terme de quatre heures de débat. Andy Burnham, arrivé à Downing Street au mois de juillet, avait déclaré qu’il ne prendrait pas part au vote afin de ne pas « influencer le débat » (cf. Grande-Bretagne : le nouveau Premier ministre donne la priorité aux soins palliatifs).

Alors que ses promoteurs invoquaient le principe de dignité (cf. La dignité est « inconditionnelle »), les opposants au texte ont souligné les risques de pression sur les personnes âgées ou handicapées. Des ordres professionnels médicaux, notamment le Collège royal des psychiatres, avaient également fait part de leurs « graves inquiétudes » concernant la proposition, jugeant qu’il y avait « trop de questions sans réponse concernant la protection des personnes atteintes de troubles mentaux ».

Janet Daby, une députée travailliste qui avait voté en faveur du texte en 2025 témoigne : « J’ai dû lutter contre moi-même, sachant que je n’étais pas tout à fait à l’aise avec la décision que j’avais prise, que ma conscience n’était pas en paix ». Ce vendredi, elle s’est opposée au texte.

Une victoire pour « tous ceux que ce projet de loi aurait mis en danger »

L’association Dignity in Dying, elle, ne désarme pas : modifier la législation relative au suicide assisté « reste une question de quand, et non de si », insiste-t-elle (cf. Nations unies : vers un « droit international au suicide assisté » ?). Le collectif de personnes handicapées et de patients en phase terminale, Assist Us To Live, s’est au contraire réjoui de cette victoire pour « tous ceux que ce projet de loi aurait mis en danger ».

A l’heure actuelle, seules les îles de Jersey et de Man qui dépendent de la Couronne britannique ont autorisé le suicide assisté (cf. Jersey : l’« aide à mourir » reçoit la sanction royale ; Le gouvernement britannique demande des modifications devront être apportées au projet de loi sur l’« aide à mourir » de l’île de Man avant qu’il ne puisse recevoir la sanction royale). Comme la Chambre des communes aujourd’hui, le Parlement écossais a lui aussi rejeté le suicide assisté au mois de mars dernier.

Sources de la synthèse de presse : AP news, Pan Pylas (11/09/2026) ; AFP (11/09/2026)