Soins palliatifs : la Vendée rejoint les départements sans unité dédiée

Publié le 13 octobre 2025
Soins palliatifs : la Vendée rejoint les départements sans unité dédiée
© iStock - PeopleImages

L’unité de soins palliatifs (USP) du centre hospitalier intercommunal des vallées de l’Ariège est passé de 6 à 10 lits. Et « ils sont déjà tous occupés ». « Avec 6 lits on ne pouvait pas accueillir tout le monde surtout avec une file active de 200 patients, on avait 50 refus par an », explique le Dr Thomas Boussaton, chef de service, responsable de l’unité de soins palliatifs.

En Vendée l’unité de soins palliatifs vient au contraire de fermer (cf. Soins palliatifs : impossible de « dire si, oui ou non, les choses avancent dans le bon sens »). Ouverte fin 2019 à la Roche sur Yon, l’USP « unique en Vendée », venait « compléter l’offre en soins palliatifs disponible sur le département et composée également d’Equipe Mobile de Soins Palliatifs (EMSP) et de lits identifiés soins palliatifs (LISP) ». Comprenant huit lits, elle accueillait 200 patients par an.

« C’est brutal pour nous, c’est brutal pour les patients »

Les salariés ont appris la nouvelle de la fermeture de l’USP par « un simple mail début octobre ». Une fermeture « en toute discrétion », « officiellement par manque de personnel », médiatisée par un syndicat.

« C’est brutal pour nous, c’est brutal pour les patients, témoigne une infirmière. C’est un accompagnement complètement différent dans les autres services, rappelle-t-elle. Et en fait, aujourd’hui ces patients-là, on en fait quoi ? Ils vont où ?, interroge la soignante. La réponse est très simple : la prise en charge va être compliquée. »

Des médecins épuisés

« Le sentiment que, au-delà de la fermeture, ce sont des valeurs qui s’écroulent, regrette une salariée. Je pense qu’on a une équipe médicale qui est très volontaire, qui se bat aussi pour se faire entendre. Et je pense qu’elle s’est en effet épuisée de ne pas être entendue par les directions, de ne pas être entendue dans les besoins, déclare-t-elle. C’est devenu vrai, on est en manque de médecins, mais ces médecins se sont vraiment épuisés. »

« La cadence est énorme, donc les soignants sont fatigués et épuisés », abonde la vice-présidente pour la Vendée de l’association JALMALV (Jusqu’A La Mort Accompagner la Vie), Françoise Jaslet.

Un troisième médecin de l’USP qui en recense quatre a en effet été arrêté.

Une fermeture temporaire ?

De son côté, la direction de l’hôpital certifie travailler « pour une réouverture dans les meilleurs délais possibles », avançant « un projet pour 2026 » et même prévoir « un renforcement des soins palliatifs en Vendée sur les dix prochaines années » (cf. Soins palliatifs : l’unité de Houdan ferme « temporairement » faute de médecin).

Six patients étaient pris en charge par l’unité de soins palliatifs au moment de sa fermeture. Ils ont été transférés dans « d’autres structures ».

Sources de la synthèse de presse : France bleu, Yves-René Tapon (09/10/2025) ; Ouest France, Claire Haubry (10/10/2025) ; CHU Vendée (13/10/2025) ; France 3, Vincent Calcagni et Fanny Borius (10/10/2025) ; Le Journal du Pays Yonnais, Nicolas Pipelier (11/10/2025) ; France info, Stéphanie Bousquet et Justine Salles (13/10/2025)