« Tourisme de la mort » : le Parlement suisse rejette l’introduction d’un mécanisme de surveillance
En Suisse, le Conseil national, la Chambre basse du Parlement, a rejeté une motion qui proposait d’observer l’évolution globale des suicides assistés en tenant des statistiques sur les cas des personnes qui sont domiciliées à l’étranger (cf. Refusés par Dignitas, acceptés par Pegasos : un couple de nonagénaires se suicide en Suisse). Cette motion avait été la seule mesure adoptée par la Commission des affaires juridiques du Conseil des Etats, la Chambre haute du Parlement. Toutes les tentatives menées jusqu’ici par la classe politique pour « réglementer de façon plus stricte » le suicide assisté ont échoué (cf. Suisse : le taux de suicide des personnes âgées a quadruplé en 25 ans).
Recourir au suicide assisté en Suisse ne requiert pas de souffrir d’une maladie en phase terminale (cf. Deux sœurs « en parfaite santé » se suicident en Suisse). La pratique est règlementée par un article du Code pénal qui stipule que cette « assistance » n’est punissable que si elle est motivée par « un mobile égoïste ».
Une question de ressources ?
La conseillère fédérale Elisabeth Baume-Schneider, chargée de ce dossier au sein du gouvernement suisse, explique que la motion ne visait « pas tant [à] ajouter un champ de plus à des statistiques déjà existantes, mais [à] créer un nouveau cadre pour collecter les données en s’appuyant sur une formation ad hoc et une solution informatique adéquate ».
Une disposition qui aurait été rejetée « pour des questions de ressources et en tenant compte du fait que les statistiques officielles se focalisent sur la population domiciliée en Suisse », précise l’Office fédéral de la statistique. Selon l’OFS, « aucune précision supplémentaire n’est requise ». L’Office déclare toutefois examiner ce dossier « de façon proactive » afin de « trouver une solution qui ne serait pas nécessairement basée sur l’énoncé de cette motion, mais réaliste et qui correspondrait à [ses] possibilités financières ».
Les suicides assistés en Suisse font l’objet d’enquêtes « qui occasionnent des dépenses » (cf. Suisse : se filmer pour éviter les frais d’enquête lié au suicide assisté). « Si on compare ce formulaire avec l’instruction et le rapport qui va avec, ce ne serait qu’une formalité », observe Erika Preisig, membre de Lifecircle, « seule parmi les grandes organisations d’aide au suicide en Suisse à se prononcer clairement pour une réglementation plus stricte ». « Et aucune formation ne serait nécessaire pour les médecins », ajoute-t-elle.
Source de la synthèse de presse : SwissInfo, Marc Leutenegger (26/01/2026)