Des dispositifs capables de s’implanter dans le cerveau « de manière autonome »
Des chercheurs du MIT ont mis au point des « dispositifs bioélectroniques microscopiques sans fil » capables de voyager dans le système circulatoire de l’organisme et de s’implanter « de manière autonome » dans une « région cible » du cerveau.
Atteindre le cerveau et stimuler les neurones
Leur étude publiée dans Nature Biotechnology[1] a été menée sur des souris. Après injection, ces minuscules implants peuvent identifier et se déplacer vers une région spécifique du cerveau sans avoir besoin d’être guidés. Une fois « arrivés à destination », ils délivrent une stimulation électrique « avec une grande précision » : « à quelques microns près » autour de la zone cible, et sans endommager les neurones environnants, affirment les chercheurs. C’est un émetteur externe qui fournit des ondes électromagnétiques, sous forme de lumière infrarouge, pour alimenter la technologie et permettre la stimulation électrique des neurones.
Les dispositifs électroniques sont « intégrés à des cellules biologiques vivantes » avant d’être injectés, ce qui leur permet de ne pas être attaqués par le système immunitaire. Ils peuvent en outre traverser la barrière hémato-encéphalique « sans l’endommager ».
Les chercheurs ont baptisé leur technologie « circulatronique »[2].
Une « symbiose unique entre le cerveau et l’ordinateur »
Alors que les implants cérébraux nécessitent généralement « des centaines de milliers de dollars de frais médicaux et des interventions chirurgicales risquées », cette technologie pourrait « rendre les implants cérébraux thérapeutiques accessibles à tous en éliminant le recours à la chirurgie », avance Deblina Sarkar, professeur associé au MIT Center for Neurobiological Engineering et auteur principal de l’étude.
« Nos minuscules dispositifs électroniques s’intègrent parfaitement aux neurones et cohabitent avec les cellules cérébrales, créant ainsi une symbiose unique entre le cerveau et l’ordinateur », assure la chercheuse. Et le fait qu’ils « s’implantent eux-mêmes » permet d’obtenir « des millions de sites de stimulation microscopiques qui prennent exactement la forme de la région cible » (cf. « Contrôler ou libérer nos cerveaux ? » L’Inserm tient une journée sur « la tension éthique des neurotechnologies »).
Soigner, mais pas seulement ?
Le laboratoire du Pr Sarkar travaille actuellement au développement de la technologie pour traiter plusieurs maladies, notamment le cancer du cerveau, la maladie d’Alzheimer et les douleurs chroniques. « Cette technologie ne se limite pas au cerveau, mais pourrait également être étendue à d’autres parties du corps à l’avenir », précise la scientifique qui espère passer à la phase des essais cliniques d’ici trois ans grâce à la start-up Cahira Technologies, lancée il y a peu.
L’équipe du Pr Sarkar étudie également « l’intégration de circuits nanoélectroniques supplémentaires » dans leurs dispositifs afin d’ajouter des « fonctionnalités » telles que « la détection, la rétroaction fondées sur l’analyse de données sur puce » et la possibilité de créer des « neurones électroniques de synthèse ».
La scientifique promet : « Nous travaillons sans relâche à l’usage de cette technologie dans le traitement de maladies neurologiques, là où les médicaments et les thérapies standard échouent, afin de soulager les souffrances humaines et d’envisager un avenir où les êtres humains pourraient transcender les maladies et leurs limites biologiques » (cf. François-Xavier Bellamy : « Le transhumanisme est d’abord une détestation de l’humain »).
[1] A nonsurgical brain implant enabled through a cell–electronics hybrid for focal neuromodulation, Nature Biotechnology (2025). DOI: 10.1038/s41587-025-02809-3.
[2] Circulatronics en anglais
Source de la synthèse de presse : Medical Xpress, Massachusetts Institute of Technology (05/11/2025)